Le médecin volant

par

Satire de la médecine

La médecine est quelque peu critiquée dans Le Médecin volant. La médecine de l’époque, tout d'abord, est assez peu comparable à la médecine actuelle, qui se veut fondée sur des protocoles scientifiques précis, et des compétences dûment sanctionnées. À l’époque, n’importe qui pouvait se dire médecin, et l’on soignait plutôt les gens avec des remèdes traditionnels. Les méthodes étaient bien différentes et l’on expérimentait différentes manières de soigner comme les saignées, liées aux croyances de l’époque qui avaient à voir, encore, avec la théorie des humeurs.

Sganarelle joue le médecin et pour cela il doit se donner l’air savant : il parle latin, enchaîne les phrases sans queue ni tête et ne cesse de se référer à des savants illustres comme Hippocrate et Galien. Avec cela, il paraît être un médecin connaisseur, en tous cas aux yeux de Gorgibus et de l’avocat. Il invente ensuite ses propres méthodes pour soigner Lucile et personne ne le contredit : il propose par exemple d’étudier son urine en la buvant, méthode à l’efficacité théâtrale certaine, propre à déclencher les rires des foules, dès lors que l’acteur s’acharnait à boire l’urine qu’on lui apportait, toujours insuffisante à ses yeux. Il prétend en outre qu’en examinant le père on peut connaître les maux de la fille, méthode pas tout à fait dénuée de sens mais qui laisse songeur devant la superficialité de l’examen du faux médecin. Cette suite d’absurdités, aisément acceptées par l’entourage du médecin, lequel trompe facilement par des détours ou l’esquive (comme avec l’avocat), laissait donc entendre la...

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