Le Monde perdu

par

Gladys Hungerton

Bien qu’elle n’apparaisse que peu dans l’histoire, Gladys Hungerton est cependant celle qui la déclenche, celle qui précipite Malone inconsciemment dans les serres du professeur Challenger. Très belle, protégée et entourée de l’amour familial, elle n’aspire qu’à des rêves de grandeur où prend place un hypothétique mari. Exigeante, elle n’est pas intéressée par un prétendant qui n’aurait rien d’extraordinaire, de chevaleresque : la demoiselle exige un héros, ou rien. Elle ne voit son futur qu’aux côtés d’« un homme d’action, capable de regarder la mort en face et de ne pas en avoir peur, un homme qui accomplirait de grandes choses à travers des expériences peu banales. »Ses requêtes relèvent davantage du caprice et d’un désir de paraître d’un rang trop élevé, d’une distinction trop raffinée pour se permettre d’épouser n’importe qui.

Ainsi, Gladys accepte la proposition d’Edward Malone qui, fou amoureux d’elle, est incapable de remarquer la superficialité de la jeune fille, aveuglé par son incroyable beauté. Totalement, déraisonnablement fou de la jeune bourgeoise, il répond à ses exigences selon lesquelles elle ne consentira à l’épouser que s’il se montre capable de s’engager dans une aventure exceptionnelle, qui ferait de lui un homme de grand renom.

La superficialité de la jeune fille apparaît dans toute sa splendeur à la fin du roman, lorsqu’on la retrouve après que Malone a traversé de nombreuses péripéties. Elle dit alors répondre au nom de madame Gladys Potts, avoir prévenu par lettre Malone de sa décision d’épouser un autre homme, exerçant, au grand dam de celui-ci et par la plus grande ironie, le métier sans soucis ni surprises de secrétaire juridique – rien pour séduire la jeune fille d’autrefois.

Ce revirement de situation joue finalement en faveur de Malone, celui-ci s’étant découvert une passion pour l’aventure ; il se joint finalement à la prochaine expédition du docteur Summerlee. C’est un procédé d’inversion qui s’opère entre Gladys et son prétendant : alors que celle-ci a le pouvoir sur Edward au début de l’œuvre, le poussant à faire ce qu’il n’a encore jamais tenté, elle devient à la fin tout à fait ordinaire et banale (Malone note d’ailleurs un changement dans l’expression de son visage lorsqu’il la retrouve) et c’est au contraire Edward qui, lui, a trouvé sa véritable voie.

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