Le Monde perdu

par

L’inspiration de Conan Doyle

Si nous venons de conclure la partie précédentesur la présence d’hommes-singes dans le roman, il faut en préciser l’importancedu point de vue de l’inspiration de l’auteur. En effet, celui-ci évoque uneespèce ayant été l’objet de nombreuses missions, qui supposaient l’existenced’un homme primitif nommé curupuri. Celui-civivrait au Brésil, aurait plus ou moins le physique d’un humain, mais aurait uncorps couvert de poils, le différenciant donc de l’homme moderne. Il seraitdemeuré à un stade primitif mais suffisamment proche de l’homme pour que l’onpuisse les assimiler.

« Devrais visages d’assassins ! Et des costauds, aussi grands qu’un homme, maisplus forts ! Ils ont de curieux yeux gris vitreux sous des touffes rouges. Ilsétaient assis, et ils rigolaient, rigolaient ! Challenger n’a pas un cœur depoulet, mais là il arborait une mine lamentable. Il sauta tout de même sur sespieds et leur cria d’en finir. Je crois qu’il avait un peu perdu la tête, caril entra dans une fureur épouvantable et les injuria… comme s’ils étaient devulgaires journalistes ! »

De plus, parallèlement à cette influence dufolklore brésilien, l’inspiration de l’auteur proviendrait du reportage d’unsavant prussien, Sir Robert HermannSchomburgk, qui aurait mené une expédition sur le mont Roraima, un haut plateauchevauchant à la fois Guyane, Venezuela et Brésil, et ressemblantgéographiquement en tous points au mont découvert par le professeur Challengeret son équipe. De plus, les découvertes en matière de flore jusqu’alorsinconnue du docteur Schomburgk, comme par exemple une variété de nénuphargéant, ont pu inspirer directement Conan Doyle et lui donner envie de pousserla narration de découvertes plus loin encore.

Ainsi, on découvredans le récit de Conan Doyle un emprunt aux idées de l’évolution prônées parDarwin avec la mise en avant de « l’anneau manquant » – une espècequi s’apparente dans la description de l’auteur aux hommes-singes du folklorebrésilien, mais surtout, une espèce à laquelle l’auteur fait connaître la findécrite par Darwin dans ses travaux. En effet, ledit anneau manquant n’est pasadapté à la survie et succombe sous le fait de la sélection naturelle.

« Qu’est-ce que c’est, mes amis, que la conquêted’une nation par une autre nation ? Rien d’important. Une conquête sanssignification : toutes ces conquêtes-là aboutissent aux mêmes résultats !Mais ces batailles féroces, par exemple celles où à l’aurore des âges leshommes des cavernes se sont maintenus sur la terre contre les grands fauves, ouencore celles au cours desquelles l’éléphant a trouvé son maître, voilà lesvraies conquêtes, voilà les victoires qui comptent ! Par un étrange détour dudestin, nous avons assisté à l’une de ces luttes, et nous avons aidé à ladécision. Désormais, sur ce plateau, l’avenir appartient à l’homme ! »

Ainsi, l’auteurs’inspire des grandes découvertes de ses contemporains pour prendre part à ungenre littéraire qui plaît et intrigue, car il renvoie à de véritables récitsd’expédition tout en exagérant la réalité et en lui donnant une dimensionfantastique.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’inspiration de Conan Doyle >