Le Nœud de Vipères

par

Isabelle Fondaudège

Issue de la haute bourgeoisie bordelaise, Isabelle Fondaudège est une apparition pour Louis : « Tu avais des gants blancs malgré la chaleur. Tout était blanc sur toi, jusqu'à tes bottines à haute tige : tu étais “vouée au blanc”, me disais-tu, depuis la mort de tes deux frères. » Catholique pratiquante, elle incarne les valeurs de sa caste, consciente de privilèges qu'elle croit dus, prônant l’Évangile mais dure pour les pauvres, ne remettant jamais en cause l'ordre établi des choses. Sa famille la pousse dans les bras de ce jeune homme sans grâces qu’est Louis, peu plaisant mais très riche. Elle a aimé un autre homme et accepte ce mariage imposé par devoir. Elle commet l'imprudence de se confier à Louis et son enfer conjugal commence.

Isa est une mère dévouée, et avec ses deux aînés, le trio finit par former un groupe hostile et compact face à Louis. Pourtant, derrière la haine de Louis, il apparaît que le portrait d'Isa n'est pas celui d'une méchante femme. C'est celui d'une épouse que son mari a repoussée sans jamais lui dire le motif de ses griefs. Cette douleur profonde de Louis, elle l'a prise pour de la méchanceté. Elle n'attendait qu'une chose : que son mari revienne vers elle, et elle finit par le crier à son vieil époux, au cours de ce qui sera leur dernière conversation : « Mes enfants ! Quand je pense qu'à partir du moment où nous avons fait chambre à part, je me suis privée, pendant des années, d'en avoir aucun avec moi, la nuit même quand ils étaient malades, parce que j'attendais, j'espérais toujours ta venue. » Le vieil avare et la « femme épaisse, presque infirme »...

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Dissertation à propos de Le Nœud de Vipères