Le Nœud de Vipères

par

Un couple détruit par les mots et le silence

Quand Louis épouse Isa, c'est un homme ébloui. Lui, le garçon sans charme, sans amis, le maladroit qui ne trouve jamais le mot juste pour se faire aimer mais qui blesse sans effort, ce petit-fils de paysan peut donc être aimé ! Il se peut qu'on le désire ! Et qui plus est, celle qui l'aime est une fille issue de la plus belle société bordelaise : « Cela passait l'imagination, c'était inimaginable... » Le jeune homme garde précieusement un trésor par-devers lui : un mouchoir avec lequel il a essuyé les larmes qu'Isa a versées un soir.

La période des fiançailles, puis celle des premières semaines de mariage sont belles et douces ; Louis accepte tout de sa femme, même de maltraiter sa propre mère en l'éloignant, même d'assister à la messe, lui, le libre penseur. Leurs nuits, que le lecteur devine passionnées, se concluent par de longues discussions dans la chaleur de la campagne, jusqu'à ce soir où la conversation tourne à la confidence, puis à l'aveu : Isa raconte à Louis qu'elle a été fiancée à un certain Rodolphe, et que sa famille lui a fait rompre ces fiançailles. Louis s’interroge : « Moins d'un an après ce grand amour, comment a-t-elle pu m'aimer ? », lui qui ne connaît rien aux élans du cœur, ni à l'inconstance de l'âme, qui est un être vierge de tout sentiment et en quête d'une pureté surhumaine. Inconsciente, Isa va plus loin dans la confidence : « rien ne t'avertit de ce que tu étais en train de détruire. » C'est à ce moment que Louis commence à s’aigrir et à devenir une figure obscure dans le roman : « Quand il m'arrive aujourd'hui de me faire horreur à moi-même au point de...

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