Le Nœud de Vipères

par

Un portrait de la haute bourgeoisie provinciale

L'action du roman se déroule dans le milieu de la haute bourgeoisie provinciale, plus précisément bordelaise. Mauriac situe l'action de plusieurs de ses romans dans cette sphère étouffante. La description qu'il en donne est toujours la même, teintée d'une arrogance et d'un culte de la terre et de l'argent comparables aux travers d’une aristocratie à laquelle ne manquerait que la particule nobiliaire. Ce milieu a ses codes : avant tout, on est catholique pratiquant et l’on se doit de suivre les préceptes de l’Église à la lettre. Ainsi, on communie le dimanche, on fait ses Pâques, on mange du poisson le vendredi, on scolarise ses enfants chez les pères – et surtout pas dans les écoles de la république ! Et on a parfois ses œuvres. Mais aller plus loin dans l'esprit des Évangiles ne vient même pas à l'idée. Ainsi, Louis reproche à Isa son manque de charité chrétienne dans son quotidien, par exemple lorsqu'elle discute le prix des légumes d'une pauvre marchande des quatre saisons. De même, on est antidreyfusard par principe, parce que le milieu le veut ainsi, et surtout parce que Dreyfus est juif. Là encore, Louis a beau jeu de mettre Isa face à sa contradiction, qui fait qu'au nom du Christ on doit haïr les Juifs, alors que Jésus lui-même était juif. Bref, aux yeux de Louis, la religion telle que sa classe sociale la pratique est « le dépôt du dogme, cet ensemble d'habitudes, cette folie » qui rythme les actes de chaque jour sans leur donner une profondeur spirituelle.

Ensuite, dans ce milieu, on aime l'argent – plus que tout. Terres ou titres, pièces d'or ou vignobles, rien n'est plus important que la fortune que tout cela représente. On sacrifie tout à...

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Dissertation à propos de Le Nœud de Vipères