Le Nœud de Vipères

par

Luc

Isa avait une sœur, Marinette. Après unpremier mariage avec le baron Philippot, vieillard qui ne tarde pas à mourir, celle-cichoisit de se marier avec un homme de son âge, sans fortune, au grand scandalede sa famille. De cette union naît Luc, qui perd sa mère très jeune. Isa, satante, le fait venir chaque été pour les vacances dans la propriété decampagne. C’est ainsi que, chaque été, Louis voit grandir ce jeune garçonauquel il s’attache comme s’il était son propre fils. Non seulement il retrouvequelques traits de sa défunte belle-sœur qu’il appréciait, mais encore il aimeà voir cet être pur et naturel, qui détonne tant au milieu de sa proprefamille : « La pureté, chez lui, ne semblait acquise ni consciente :c’était la limpidité de l’eau dans les cailloux ».

De plus Luc, comme Marie, ne craint pas son oncle,au contraire ; Louis le formule ainsi : « Le seul être aumonde, ce petit garçon, pour lequel je ne fusse pas un épouvantail. »Sa tante Isa, de son côté, le méprise vaguement. Ah, ce feu follet qui courttoujours la campagne ne fera pas de brillantes études ! Il n’a rien d’un « littéraire »,mais Louis, à travers Luc, retrouve Marie, sa fille. Il la retrouve dans sapureté et son absence totale de malice et de dissimulation. Luc a la foi, maisune foi discrète, qu’il vit avec pudeur, comme une douce liaison qui letransporterait vers un ailleurs serein.

En 1918, Luc s’engage. Avant qu’il ne partepour le front, Louis – l’avare pathologique – veut donner de l’or à Luc, car « aveccela, on peut tout ». Luc le regarde en souriant, et refuse. Quelquessemaines plus tard, le jeune homme est tué au combat.

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