Le Nœud de Vipères

par

Marie

Marie, la benjamine des enfants de Louis et Isa, diffère de ses aînés par deux points : sa pureté, et le regard sans peur qu’elle pose son père. Celui-ci ne s'y trompe pas, et Marie est le seul membre de sa famille auquel il ouvre son cœur, et la seule qui vient, parfois, se blottir dans ses bras. Marie est une bouffée de fraîcheur dans la vie de Louis. De plus, sa foi ardente et innocente qui ignore l'hypocrisie, cette foi authentique qui ne suit pas les rites de l'Église catholique parce que « cela se fait » mais parce que Jésus le veut, cette foi montre à Louis qu'une voie vers Dieu est possible, et qu'un croyant peut vivre l’Évangile et ses Béatitudes en toute sincérité.

Malheureusement, c'est la tragédie qui marque le destin de la petite fille. Atteinte d'un mal proche du typhus, mal diagnostiqué par le médecin du village, Marie meurt encore enfant. Les parents désunis se rapprochent dans la souffrance partagée mais cela ne suffira pas à réunir de façon pérenne le couple. Quant à Marie, elle offre sa douleur et sa mort en sacrifice pour que l'âme de son père soit sauvée, offrant sa souffrance à Dieu pour le salut du pécheur comme le fit le Christ : «Pour Papa ! [...] Je peux encore souffrir » s'exclame-telle. Louis ne s'y trompe pas et écrit, des années plus tard : « À ce chevet, pourtant, le secret de la mort et de la vie m'a été livré... Une petite fille mourait pour moi... » Quand Marie s'éteint, Louis ne manifeste pas les marques bourgeoises du chagrin et ne rend pas visite à sa tombe au cimetière – « Il n'a pas de cœur» dit-on de lui. Pourtant, Isa l'admet, malgré sa profonde amertume et...

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