Le petit Nicolas

par

Résumé

C’est en 1959 que naît le Petit Nicolas. Bien qu’imaginé il y a plus de cinquante ans, c’est toujours un petit garçon d’environ neuf ans. Il a un papa et une maman, mais ses deux créateurs sont René Goscinny, qui a écrit ses aventures, et Jean-Jacques Sempé, qui les a illustrées et qui a donné un visage au Petit Nicolas, celui d’un petit garçon mince aux cheveux noirs.

Nicolas vit avec son papa et sa maman. Il n’a pas de frères ni de sœurs. Maman est femme au foyer et toujours très occupée à préparer quelque chose de bon à manger ou à garder la maison bien propre. Alors elle houspille volontiers Nicolas qui n’est pas toujours très ordonné. Papa va travailler au bureau sous les ordres de M. Moucheboume. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est lire tranquillement son journal dans le salon quand il rentre du bureau, alors lui aussi houspille parfois Nicolas, qui fait souvent du bruit quand il joue.

Il y a aussi Mémé, la maman de Maman, qui fait de « chouettes cadeaux » à Nicolas, et qui horripile prodigieusement son gendre. Nicolas a aussi un oncle, des tas de tantes, bref, une famille.

Mais l’endroit où Nicolas passe le plus de temps, c’est à l’école. Là, il y a encore des adultes. Il y a la Maîtresse, autoritaire mais gentille, qui supporte ses garnements d’élèves – il n’y a que des garçons dans la classe – avec une patience de sainte. Il y a les deux surveillants de la cour, le Bouillon et M. Mouchabière. Il y a M. le Directeur, qui dit souvent aux garçonnets qu’ils finiront au bagne. Mais surtout, il y a les copains ! Ils sont rigolos, ils sont terribles, et ils sont nombreux ! Il y a Rufus dont le papa est policier ; Clotaire qui est le seul à avoir la télé chez lui mais qui ne sait jamais ses leçons ; Joachim qui a eu un gros problème : un petit frère ; il y a Alceste qui mange tout le temps et qui a toujours les mains un peu collantes (mais c’est le meilleur copain de Nicolas) ; Agnan qui porte des lunettes, est le chouchou de la maîtresse et le premier de la classe. Et puis il y a Eudes, qui aime bien mettre des baffes aux copains mais qui est chouette quand même, et puis aussi Geoffroy dont le papa est très riche et qui vient à l’école dans une auto conduite par un chauffeur. Et puis Maixent qui a de gros genoux, de longues jambes, et qui court très vite. Avec eux, Nicolas joue dans la cour, dans la rue, dans le terrain vague où il y a une carcasse de voiture. On le voit, il y a peu de filles dans l’univers proche de Nicolas, à part Marie-Edwige, avec qui Nicolas veut se marier plus tard et Louisette, avec qui il veut se marier plus tard aussi.

Quelques adultes peuplent encore ce gentil univers fixé dans la France du début des années soixante : M. Blédurt, le voisin, M. Compani l’épicier, le Ministre et l’Inspecteur, le Moniteur de sport sur la plage, le Directeur de la colonie de vacances, etc.

Voilà le joli monde de Nicolas, qu’il nous décrit avec ses mots d’enfant tout au long des volumes qui composent sa chronique. Ses mots, ce sont ceux de René Goscinny, génial créateur de personnages devenus mythiques comme Astérix. Il a inventé avec Nicolas un archétype de petit garçon turbulent et gentil, sans une once de malice, et qui pose sur l’étrange monde des adultes un regard critique et interrogateur (les adultes sont tellement étranges, parfois !). Le visage de Nicolas, c’est Jean-Jacques Sempé qui l’a créé, d’un trait dépouillé et aérien. En quelques coups de crayon, Sempé fait naître une cour d’école remplie de garçonnets bagarreurs qui disputent une partie de billes acharnée sous les yeux d’un surveillant sévère. Et le lecteur retrouve en son cœur le souvenir de sa propre école et de sa cour de récréation, avec les joies ou les angoisses afférentes.

Plusieurs volumes composent la saga de Nicolas, et chaque volume se divise en historiettes indépendantes. Chacune d’entre elle peut être lue seule mais il est rare que le lecteur se contente de si peu, et le temps passe bien vite en compagnie de Nicolas et de sa bande. Chaque récit est une pièce d’une vaste mosaïque qui montre au lecteur d’aujourd’hui un monde idéal où les enfants jouent et se bagarrent sans gravité, où les parents sont sévères mais aiment leurs enfants, où l’école est un sanctuaire respecté où les élèves font parfois les quatre cents coups mais où ils s’instruisent, où l’agressivité existe mais ne va jamais bien loin, et où la grossièreté et la vulgarité n’ont pas droit de cité.

L’écriture légère et rigoureuse de René Goscinny, alliée au trait épuré de Jean-Jacques Sempé, ont permis aux aventures du Petit Nicolas de traverser les décennies sans prendre une ride, car, dans le fond, les petits garçons – et les petites filles non plus – n’ont guère changé en un demi-siècle. Les aventures du Petit Nicolas permettent au jeune lecteur de retrouver une chouette bande de copains toujours prêts à s’amuser, et au lecteur un peu moins jeune de goûter au breuvage doux-amer de la nostalgie.

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