Le Premier Homme

par

Résumé

Le Premier Homme est un roman en partie autobiographique d’Albert Camus où l’auteur raconte une partie de sa vie à travers un narrateur omniscient, comme connaissant l'histoire de l'humanité depuis le début, un “Il” à caractère universel.

Ce roman resta inachevé, ne donnant qu'une esquisse d'histoire et une idée plutôt synthétique de son projet de l'époque. C’est sa fille qui décide de le faire publier en 1996. Les manuscrits en furent retrouvés à bord de la voiture où Camus mourut.

 

Le roman avait pour projet de retracer l'histoire de l'humanité mise en parallèle avec la vie d'un être humain. Il devait être intitulé Adam et constituer le premier tome d’une œuvre plus vaste commençant par l’enfance de l’humanité. Le mythe d'Adam y est mêlé à un travail d'histoire et à une part de sa biographie.

Le roman se découpe en deux grandes parties. La première s'intitule « Recherche de père » : on y retrouve une grande part de la vraie vie de Camus, notamment des personnes de son enfance, comme son maître d'école M. Germain, qu'il appelle M. Bernard, et sa grand-mère qui apparaît sous son nom de jeune fille.

La deuxième partie s'intitule « Le fils ou le premier homme » tandis que la troisième prévue n’a pas été commencée. 

 

Le roman débute en Algérie, la terre natale de Camus, une nuit automnale de 1913. Une charrette conduite par un homme algérien prend le chemin du domaine de Saint-Apôtre. Y prend place un homme français d’environ trente ans qui porte le nom de jeune fille de la grand-mère de l'auteur, Henri Cormery. Il y a aussi une jeune femme qui va accoucher bientôt, et un garçonnet de 5 ans. La jeune femme accouche d'un petit garçon qu’elle appelle Jacques et qui représente l'auteur, car il lui ressemblera beaucoup ; il naît durant l'automne 1913 comme Camus ; les parallèles sont nombreux.

 

Après une longe ellipse d'environ quarante ans, on retrouve Jacques qui prend un train en France et se rend « au carré du Souvenir français », dans le cimetière où repose son père, qui mourut lors de la bataille de la Marne à l'automne 1914. Jacques se remémore alors des souvenirs de sa grand-mère, avec laquelle il a passé son enfance, qui l'a éduqué. Il se souvient aussi de ses amitiés d'enfance, entre autres avec Max, Jean, Joseph ou encore Pierre. Il va ensuite aller voir sa mère, qui depuis que son père est décédé à la guerre n'a jamais plus eu goût à la vie ni à quoi que ce soit ; elle a beaucoup vieilli, elle est presque sourde désormais. Il évoque avec elle leur famille, notamment son père qui a été envoyé par les oncles de Jacques dans une pension au domaine de Saint-Apôtre, avant qu'il ne doive partir avec l'armée française d'Algérie faire la guerre.

La mère de Jacques n'en aura quasiment aucune nouvelle, de par la distance, la censure, mais aussi car elle ne sait ni lire ni écrire. Durant la guerre elle avait travaillé dans une usine d'armes dans une ville non loin. C'est le maire du village qui lui apprit la terrible nouvelle.

Jacques avait donc grandi chez sa grand-mère qui l'avait accueilli chez elle à Alger auprès de ses neuf enfants. Elle était dure, mais juste. Il explique qu'ils allaient ensemble regarder des films au cinéma et qu'il devait lui lire les sous-titres.

Il raconte ensuite sa vie avec Ernest, un oncle, un jeune homme fort et vaillant avec qui ils passèrent de bons moments, surtout l'été.  Ils allaient aussi souvent chasser, quand il eut l'âge, avec Ernest et des amis ce celui-ci pendant les weekends. Le reste de la semaine, il allait à l'école où il a pour maître M. Bernard. Il aimait l'école, il aimait apprendre et s'instruire avec son ami Pierre. Cela leur avait ouvert l'esprit, et leur avait donné envie de découvrir le monde. Son instituteur leur racontait la vérité de la guerre, et protégeait particulièrement les enfants les moins aisés, dont Jacques.

Jacques raconte aussi que les enfants, dès qu'ils sentaient un manque de respect de la part d'un autre, réglaient leurs comptes en se battant sur un terrain vague, tout en sachant que cela leur vaudrait d’être battus par leur maître et même par le directeur de l'école.

C'est grâce à son maître que Jacques put continuer ses études, et il entra au lycée grâce aux cours particuliers qu'il en recevait. Il explique qu'il va le voir chaque année, durant plus de quinze ans, à chaque retour à son pays natal.

Jacques, en revenant dans sa région, revient toujours au domaine de Saint-Apôtre où il est né. C'est là qu'il croise un homme du même âge que lui, M. Vieillard, un fermier qui lui raconte qu'il a toujours vécu ici, et que l'ambiance est insupportable, que la vie est dure et violente, et qu'il ne reste pas là par gaieté de cœur. Son père aussi est mort à la guerre. Ce que lui raconte Vieillard lui permet de recueillir une parole différente sur la colonisation, la violence de la région et ce qu'ont pu vivre ses propres parents à l'époque. 

M. Vieillard lui raconte aussi que ses grands-parents étaient partis de France pour l'Algérie pour trouver du travail dans les années 1850, lors de la colonisation française. Ils firent du désert où ils arrivèrent des champs cultivables et construisirent leurs habitations en partant de rien, puis des villages, et ainsi une communauté s'était développée peu à peu.

 

La seconde partie reprend les souvenirs de Jacques, et son entrée au lycée, loin de sa famille et de ses amis d'enfance, Pierre excepté. Il n'a pas chéri cette période, où il n'aimait pas ce qu'il devait apprendre, trop éloigné de ses valeurs et de ce qu'il connaissait. Il devient ami avec Didier, d'une famille catholique très pieuse. Il retrace ses journées au lycée, ses allers-retours avec son ami Pierre, seul lien avec son passé. Il y allait, y travaillait toute la journée, y mangeait : routine longue et pesante. Pierre et lui se mettent à travailler beaucoup et deviennent de bons élèves, malgré leurs mauvaises dispositions de départ. Leurs occupations, durant leurs jours sans école, se résument à rester à la Maison des Invalides de Kouba, où ils élaborent du poison, font des expériences en tout genre et s’adonnent à de nombreuses lectures.

Chaque année, sa grand-mère accompagne alors sa mère pour assister à la cérémonie de remise des prix du lycée, ce qui rend Jacques très fier. Chaque été, Jacques revient en vacances dans sa région natale, où il doit travailler dans une boutique au classement de papiers, ce qui l’ennuie profondément.

 

Jacques, qui travaillait sur les origines de l'homme et du monde, se rend compte à la fin de l'esquisse laissée par Camus qu'il n'existe pas vraiment de premier homme, arrivé avant tous les autres, et sur lequel on pourrait baser l'évolution de l'humanité. Devenu à son tour un homme, un adulte, il se rend compte qu'il devra lui aussi trouver sa voie, comme Adam jadis. 

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