Le Spleen de Paris

par

Edgar Allan Poe, référence et inspiration

 « Vous souvenez-vous d’un tableau(en vérité, c’est un tableau !) écrit par la plus puissante plume de cetteépoque, et qui a pour titre L’Homme des foules ? Derrière la vitre d’uncafé, un convalescent, contemplant la foule avec jouissance, se mêle, par lapensée, à toutes les pensées qui s’agitent autour de lui. Revenu récemment desombres de la mort, il aspire avec délices tous les germes et tous les effluves dela vie ; comme il a été sur le point de tout oublier, il se souvient etveut avec ardeur se souvenir de tout. Finalement, il se précipite à traverscette foule à la recherche d’un inconnu dont la physionomie entrevue l’a, en unclin d’œil, fasciné. La curiosité est devenue une passion fatale, irrésistible ! »(Le Peintre de la viemoderne)

Ce texte est à mettre en parallèle avec lepoème des Petits Poèmes en prose « Les Foules », ainsi qu’avecle récit de Poe auquel Baudelaire fait référence. Ces trois écrits peignenttous un artiste fiévreux, qui trouve son inspiration dans les rencontresanonymes au sein des foules arpentant les rues urbaines. Ce thème est aussiprésent dans « Le Joueur généreux », où la rencontre que le poètefait n’est ni plus ni moins que celle du diable.

Baudelaire vouait une grande admiration àl’art romanesque et poétique de Poe. Il a traduit toutes ses œuvres et voit enlui l’artiste qu’il voudrait être, et dans ses textes l’esthétique dont ilavait toujours rêvé. Ces deux artistes voient en effet leur sourced’inspiration se déplacer dans la ville, révélant son caractère fantastique. Unpoème comme « Le Crépuscule » voisine avec les nouvelles sombres, àla lisière de la folie, d’Edgar Allan Poe.

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