Le Spleen de Paris

par

L'artiste, homme du monde, homme des foules et enfant

Les poèmes de Baudelaire brillent par l'absence du « je ». Souvent simple narrateur ou observateur, le poète s'efface pour laisser place aux êtres qu'il rencontre. Le sujet du poème se trouve toujours dans l'Autre, double fantasmé de soi. En effet, Baudelaire se présente comme un « étranger », un homme qui a besoin d'être ailleurs, comme en témoignent le poème préliminaire « L'Étranger » ou encore « Any where out of the world ». Il ne faut plus descendre en soi-même mais descendre en l'autre, le connaître pour enfin se connaître.

Cette curiosité pour l'extérieur et pour l'autre se révèle à travers l'obsession du monde, de la foule. C'est en ce lieu que peut s'épanouir la sensibilité du poète, comme il le décrit dans « Les Foules » : « Il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage ». La foule lui présente une multitude de masques, d'identités à travers lesquelles il peut s'épanouir.

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