Le Spleen de Paris

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Résumé

Baudelairedébute son recueil de poèmes par une adresse à Arsène Houssaye, où il décritson projet esthétique : fait de bric et de broc, son recueil n’a ni début nifin et peut se lire dans tous les sens. Il veut atteindre une prose poétiquequi exprime les mouvements de l’âme et la vie moderne.

 

L’Étranger : Premier poème sur la figure du poète,qui n’a que faire du monde extérieur, des richesses et des considérationsmatérielles. Il est attiré par les nuages, l’idéal, hors du monde.

Le Désespoirde la vieille : Ce poème compare un jeune enfant, que tout lemonde adore, avec la triste condition d’une vieille qui, laide, effraie cetenfant. Baudelaire tend ici à tourner la poésie non plus vers le Beau, maisvers la figure du laid et du prosaïque.

Le Confiteorde l’artiste : Le poète estdéchiré par deux sentiments contradictoires : la nature l’exalte en même tempsqu’elle le désespère. C’est la condition du poète qui est ici dépeinte, attirépar la Beauté du monde qui l’écrase et le fait souffrir.

Unplaisant : Petit conte humoristique, ce poème meten scène un drôle qui, pendant la célébration du nouvel an, salue un âne à quiil souhaite ses vœux. L’âne n’en a que faire, et le poète-narrateur rage contrecet « imbécile ».

La Chambredouble : La description paradisiaque d’unechambre merveilleuse se mue ici, à la sonnerie d’un huissier qui ramène lepoète à sa condition misérable, en une description cauchemardesque et prosaïqued’une mansarde insalubre.

Chacunsa chimère : Le poète rencontre plusieurs hommes,courbés sous le poids de leurs chimères qui les étouffent. Ils ne savent pas oùils vont, mais ne semblent pas perturbés par la lourdeur de leur charge.

Le Fouet la Vénus : Dans un parc magnifique, le poèterencontre une curieuse mise en scène allégorique. Un homme est agenouillé auxpieds d’une statue de Vénus, et lui adresse une supplique sur sa misérable etsolitaire condition. Froide, la statue reste de marbre.

Le Chienet le Flacon : Le poète tend à un chien un flacon deparfum ouvert, parfum que déteste l’animal qui se met à aboyer furieusement.Vexé, le poète l’invective sur son manque de goût qui le pousse, comme lepublic, à préférer les excréments plutôt que la douce odeur d’un parfum délicat.

LeMauvais Vitrier : Cepetit conte met en scène la folie et l’énergie qui brusquement saisissent lesêtres les plus apathiques. Le poète prend son propre exemple quand, un jour, ilest pris de haine en voyant sous ses fenêtres un vitrier passer en criant. Ille fait monter chez lui, jusqu’au sixième étage par un étroit escalier, seulementpour lui reprocher de ne pas avoir de verres de couleur pour transfigurer lemonde. Il le pousse ensuite dehors et du haut de sa fenêtre casse tout lechargement du pauvre hère.

À uneheure du matin : Lepoète revient sur sa journée, et sur ses activités tragiquement banales etprosaïques. Face à cette insignifiance, il espère écrire quelques beaux verspour conserver une certaine estime de soi.

La Femmesauvage et la petite maîtresse : La maîtressedu poète soupire de bien-être, déclenchant une véritable invective de la partde son amant. Il lui présente la piètre condition conjugale, peignant la femmecomme une créature hurlante enfermée dans une cage avec, à ses côtés, un mariqui la montre sur la place publique, comme une bête savante. Mise devant cettecondition, sa maîtresse devrait être satisfaite de son « enfer »personnel, bien moins insupportable que l’enfer conjugal.

Les Foules : Le poète traverse la foule de la ville,imaginant les vies de chacun, leur volant leurs identités pour les fairesiennes. Sa promenade devient ainsi une véritable orgie de sensations etd’expériences existentielles.

Les Veuves : Le poète et le philosophe aiment, selonBaudelaire, se promener dans les allées des parcs que hantent des êtres déçuset malheureux. Parmi ces fantômes se trouvent les veuves, accompagnées d’uneprogéniture où irrémédiablement seules. À ce spectacle, le poète en ajoute unautre : autour d’un concert public, où ne vont que les riches, il voit uneveuve usée, traînant avec elle un petit garçon, se payant ce dernier luxe.

Le VieuxSaltimbanque : Baudelaire narre ici la triste destinéed’un vieux saltimbanque qui, malgré sa vieillesse, continue son éternellepantomime dans l’indifférence générale.

Le Gâteau : Le poète en voyage s’arrête un momentpour se sustenter. Il sort de sa poche un morceau de pain quand un petit êtresurgit devant lui pour mendier : il lui coupe une grosse tranche dont lacréature se saisit immédiatement. Alors, un autre être arrive et lui disputel’en-cas : une lutte violente s’ensuit, réduisant le pain à des petites mietteséparpillées par terre.

L’Horloge : En hommage à sa maîtresse, le poète luioffre ce poème comme galanterie : il compare la femme aimée à une horloge danslaquelle il peut lire l’instant merveilleux, une « heure immobile »et suspendue.

Unhémisphère dans une chevelure : Lachevelure de la femme aimée recèle de multiples mystères et fait voyager, parson odeur, le poète qui y sombre.

L’Invitationau voyage : Baudelaire parcourt en rêve lesdifférentes destinations du monde, meilleur moyen de voyager sans contrainte.Mais mieux qu’à travers un rêve, c’est grâce au corps de la femme aimée qu’ilpeut laisser ses pensées errer sur le globe.

Le Joujoudu pauvre : Baudelaire narre ici une expériencequ’il aime faire : chargeant ses poches de petits jouets insignifiants, il lesdistribue aux enfants pauvres qui ne comprennent pas leur bonheur. Il racontealors une scène dont il a été témoin ; un riche enfant délaissait ses jouets deluxe pour regarder, fasciné et envieux, un autre enfant, misérable, quis’amusait avec un rat vivant.

Le Dondes fées : Ce poème tire sa matière des contesmerveilleux : il narre les dons qu’octroient les Fées sur le berceau d’unenfant. La dernière fée n’a plus rien à donner, et gratifie l’enfant du« don de plaire », ce qui étonne le père. Courroucée, elle refuse dese justifier et ne comprend pas comment un homme, qui vient de voir son filsdoté de tous les dons possibles, peut discuter sa décision.

Les Tentations : Plusieurs Satans essaient de tenter lepoète endormi par des propositions alléchantes. Il les refuse tour à tour mais,quand il se réveille, regrette cette attitude, les invoquant à nouveau pourcette fois accepter la gloire et la puissance.

Le Crépusculedu soir : Le poète décrit la tombée de la nuit, présentéecomme un moment de folie pendant lequel l’âme est troublée et peut pousserl’homme à avoir des comportements inexplicables.

La Solitude : Ce poème est une réflexionphilosophique sur le malheur – ou non – de se retrouver seul. Baudelaireprésente ici plusieurs théories – de La Bruyère et de Pascal – pour étayer saposition sur le bonheur qui peut consister à vouloir rester seul chez soiplutôt qu’à aller se perdre dans la foule et se livrer à une« prostitution […] fraternitaire ».

Les Projets : Le poète rêve de projets, face à unparc, une gravure puis une auberge. Il parcourt mentalement des potentialitésde vies différentes pour finalement rentrer chez soi, se disant que les rêvessont mieux que la vie, et qu’il a parcouru en pensée trois lieux différents sansavoir eu à choisir.

La BelleDorothée : Le poème s’articule autour d’une femmequi marche dans les îles. Sa beauté est louée, elle apparaît comme l’idéal fémininrecherché par le poète. Pourtant, à mesure que le poème avance, le lecteurdécouvre sous l’idéal les traits d’une femme qui se prostitue aux marins poursauver sa sœur de la même condition qu’elle. Baudelaire plonge ici l’idéalpoétique dans la prose cruelle du monde.

Les Yeuxdes pauvres : Le poète et sa maîtresse se promènentdans les rues quand ils voient une famille pauvre fixer un café nouveau. Lepremier contemple tous les sentiments différents perceptibles dans leurs yeux,et vit un instant leur destin. La réaction de sa maîtresse, qui les trouveinsupportables et déplacés, dérange le poète qui s’attriste de voir tant dedifférences s’installer entre eux.

Une morthéroïque : Le bouffon d’un roi, Francioulle, estpris dans une conjuration contre son maître ; on lui permet de jouer, unedernière fois, devant les autres conjurés, avant leur exécution. Son spectaclefuneste, magnifique, est brusquement dérangé par le sifflement d’un petitgarçon malfaisant. Francioulle, en pleine extase, ne supporte pas ce retour àla réalité et meurt sur scène.

La FausseMonnaie : L’ami du poète donne généreusement unepièce de monnaie à un mendiant ; il avouera ensuite qu’il s’agissait d’unepièce fausse. Cet acte plonge le poète dans une profonde rêverie, puis ildécouvre que son ami a vraiment fait ce geste pour se donner bonne conscience, croyantdu moins provoquer d’abord une bonne surprise chez le mendiant, tout enconservant son argent, et non seulement pour tromper ; sa candeurl’horrifie, car il aurait préféré que son ami au moins se sache méchant.

Le Joueurgénéreux : Le poète rencontre dans la foule unhomme mystérieux, qui le conduit dans une taverne où ils mangent et boiventavec joie. Leur discussion s’arrête sur la destinée du monde, sa destructionfuture, sur Dieu… On comprend alors que cet homme est le Diable. Le jourvenant, ce dernier dit au poète que, puisqu’il lui a vendu son âme, il l’aideraen toute occasion à réaliser ses désirs.

La Corde : Un peintre emploie un apprenti, que sesparents lui ont vendu à cause de leur misère. L’enfant, malheureux, finit parse pendre et le peintre va apprendre, éploré, la nouvelle à ses parents. Cesderniers n’ont pas la réaction attendue, et réclament la corde utilisée pour lesuicide, sachant que ces objets sont réputés pour porter bonheur et peuventêtre vendus un bon prix.

Les Vocations : Quatre enfantsdiscutent de leurs projets de vie, chacun ayant une vocation particulière. Lepremier, fasciné par le théâtre, se destine à être acteur. Le second veutabsolument apercevoir Dieu dans le ciel. Le troisième veut déjà découvrir lecorps des femmes et les voluptés qui y sont associées. Enfin, le quatrièmerelate une vie pauvre et peu joyeuse, et veut vivre avec trois saltimbanquesqu’il a rencontrés et qui ne vivent nulle part. Les trois autres sedésintéressent de son histoire, et le poète conclut sur la figure de ce dernierenfant, qui se destine à jamais à être un incompris.

LeThyrse : Le poète rêve d’un objet, le thyrse,qui donne un pouvoir merveilleux aux prêtres et prêtresses qui s’en servent,mais qui en réalité n’est qu’un vulgaire bâton. Ce court texte est un hommageau compositeur Liszt, dont la ferme volonté peut-être comparée au bâton, et lafantaisie aux fleurs qui l’ornent.

Enivrez-vous : Conseil d’existence, ce poème louel’ivresse, qu’elle soit causée par le vin, par la poésie ou par la vertu. Toutdans le monde pousse l’homme à s’enivrer pour ne plus sentir le poids du tempsqui pèse sur ses épaules de simple mortel.

Déjà ! : Le poète est membre d’un équipage debateau qui fait un voyage au long cours. Alors que les autres rêvent del’arrivée, de leurs familles qui les attendent, le poète, lui, déplore lemoment où ils débarquent, quittant à regret cette mer tant aimée.

Les Fenêtres : Le poète observe le monde derrière safenêtre, seul élément qui lui permet de mettre la réalité à distance, et depouvoir la vivre pleinement. Il investit ainsi les existences des êtres qu’ilobserve, vivant leur vie pendant quelques minutes.

Le Désirde peindre : Un désir de peindre une femme idéaleétreint le poète, et il parcourt en pensée les traits de sa physionomie,paradoxale et inquiétante.

LesBienfaits de la lune : Cepoème traite du mythe des enfants de la lune. Celle-ci voit un enfant qui luiplaît, et décide de se pencher sur son berceau. Elle lui donne ainsi le« baiser de la lune » qui transforme cet être en une créaturelunaire, mélancolique, propre à être aimée des amants et des courtisans de lalune.

Laquelleest vraie ? : La maîtressedu poète, trop belle pour vivre longtemps, meurt soudainement. Ce dernier, enl’enterrant, voit une petite créature portant les mêmes traits que la défunte etqui piétine la tombe en criant que c’est elle la vraie Bénédicta. Voulantchasser cette importune, le poète donne un coup de pied sur la tombe, etrestera toujours attaché, un pied dans la « fosse de l’idéal ».

Uncheval de race : Cepoème décrit la maîtresse du poète qui, à la fois laide et délicieuse, hors dutemps, le fascine.

Le Miroir : Ce court conte comique présente unhomme laid qui se contemple dans un miroir pour la seule raison que, depuis1789, il en a autant le droit qu’un autre.

Le Port : Le poète décrit l’atmosphère du port,qui donne à tous ceux qui y passent le désir de voyager.

Portraitsde maîtresses : Quatre hommes se retrouvent dans unboudoir, et commencent à parler de leurs maîtresses et de leurs drôles delubies. Le dernier avoue qu’il a tué sa maîtresse, car elle était trop parfaiteet faisait par là de sa vie un enfer.

Le Galanttireur : Un homme et sa maîtresse se promènentdans les bois, quand ils leur vient à l’idée de tirer quelques balles aupistolet. Alors que l’homme manque sans cesse sa proie, et que la femme rit, illui désigne une poupée en se figurant que c’est elle. La balle touche alors lacible, décapitant net la poupée. Il remercie alors sa femme pour l’adressequ’elle lui a inspirée.

La Soupeet les Nuages : Devant le dîner que sa maîtresse luisert, le poète rêve de la fumée qui s’échappe de la soupe, en la comparant auxyeux de son aimée. C’est alors que la réalité ressurgit soudain quand la « femmeidéale » trahit sa vulgarité et ses origines populaires en incitant son« marchand de nuages » à manger sa soupe par une voix hystérique etenrouée.

Le Tiret le Cimetière : Lepoète voit un petit café en face du cimetière. Entrant y boire un verre, il estdérangé par une voix d’outre-tombe qui invective les vivants, leur reprochantde n’avoir aucun respect pour les morts et de vivre une vie vaine.

Perted’auréole : Un badaud s’adresse au poète, quifréquente une mauvaise maison : il lui demande ce qu’il fait ici, lui amoureuxde l’idéal, et ce qu’il a fait de son auréole. Ce dernier l’a perdu dans laboue de la rue, avoue-t-il, et ne veut pas aller la rechercher car la dignitéde poète l’ennuie.

MademoiselleBistouri : Le poète suit une prostituée, qui estpersuadée qu’il est médecin. Elle s’occupe de lui chez elle, et lui demande sonportrait, pour compléter sa collection de médecins. Baudelaire conclut alorssur les figures marginales que l’on trouve dans une grande ville.

Any whereout of the world :Dialoguant avec son âme, le poète se demande dans quel lieu il sera le plus àson aise. Son âme ne répond à aucune de ses propositions, pour finalementdemander d’aller hors du monde.

Assommonsles pauvres ! : Le poète, aprèsune longue période de lecture, sort de chez lui. Croisant un mendiant, sonmauvais génie lui souffle de le rosser, pour qu’il retrouve sa dignité d’homme.Par ses coups répétés, le poète met en colère le mendiant qui lui rend lapareille : il lui dit alors d’arrêter et lui offre la moitié de sa bourse,puisqu’il est maintenant son égal.

Les BonsChiens : Le poète rejette, en cette fin derecueil, la muse romantique, et convoque la muse du quotidien, de la prose dumonde et des « pouilleux ». Il refuse ainsi de louer la figure dubeau chien, du chien de race, pour chanter le bâtard, le chien de la rue,maigre et amoché.

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