Le Vicomte pourfendu

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Résumé

Le Vicomte pourfendu raconte l’histoire du vicomte génois Médard de Terralba, dupoint de vue de son neveu. Le récit de la vie du vicomte, qui se caractérised’emblée comme un homme candide et plein d’espérances, commence quand celui-cidécide de partir à la guerre. Partir à la guerre, soit, mais pas d’une manièreconventionnelle : plutôt que de s’engager dans l’armée et d’attendre leprochain convoi pour le champ de bataille, le vicomte décide de rejoindre toutseul les troupes impériales en pleine lutte contre les Turcs. Son voyage estfastidieux, il traverse des paysages dévastés qui n’anéantissent pas pourautant son optimisme. Quand il arrive à destination, l’empereur, impressionnéet amusé par l’implication du jeune homme, non seulement le prend parmi seshommes mais en plus lui donne immédiatement le grade de lieutenant.

            La bataille éclate. Le vicomte estvolontaire mais souffre de son manque d’expérience. Il parvient à abattre unTurc mais son cheval est tué. Désorienté mais toujours volontaire, il se ruedans la foule. Il reçoit un boulet de canon. Les médecins réussissent à lesauver mais il n’aura plus désormais que son côté droit. C’est ainsi que levicomte devient « pourfendu ».

            Letroisième chapitre se concentre sur un autre personnage. Le vieil Aiulphe, quia laissé sa place au pouvoir au vicomte pour se concentrer sur sa passion desoiseaux, est accablé de voir le vicomte revenir détruit, ingrat, solitaire. Ilenvoie un de ses oiseaux précieux dans la chambre où le vicomte se cloître.Malheureusement il retrouve l’oiseau mutilé. Le vieil Aiulphe, dès lors, sesuicide à petit feu.

            Levicomte est pris par une manie inédite. Quand il revient à Terralba, toutd’abord, il ne paie ses servants que la moitié de leur salaire. Ensuite, lorsd’une promenade, il fait une cueillette de champignons. Rien d’anormal ici…sauf qu’il les coupe en deux et ne conserve que la moitié nocive ! On en déduitque ce qui reste du vicomte, c’est sa mauvaise moitié. Plus tard, alors qu’ildépartage accusation et défense dans une affaire juridique épineuse, il décidede condamner tout le monde à la pendaison, victimes comme présumés coupables,en incluant même dans le lot des gens qui n’avait rien à voir avec l’affaire !

            Levicomte est irascible et personne ne peut l’empêcher de faire des jugements àl’emporte-pièce. Les pendaisons se multiplient. Il organise aussi ladestruction de lieux pourtant fort utiles au public. Certaines personnes, peu àpeu, comme le neveu-narrateur ou encore Trelawney, un médecin anglais, mettenten place une sorte de petite résistance secrète, en vain. Le vicomte organise ladestruction par le feu de tout ce qui appartient aux lépreux, puis l’incendiede sa propre habitation. Il fait le projet de tuer ceux qui essaient de leraisonner. Il essaie ensuite d’intégrer le groupe des huguenots mais leur chefn’est pas dupe et refuse. Le vicomte, impuissant, menace de tous les tuer maiss’enfuit. Son neveu, lors d’une promenade à la mer, le surprend en train decouper en deux des poissons et des poulpes. Le vicomte explique qu’il nesupporte plus de voir des choses entières.

            Levicomte se met en tête qu’il va séduire une jeune bergère appelée Paméla. Illui fait des offrandes piteuses, à base de moitiés de fleurs et de moitiésd’animaux, et lui donne des rendez-vous malsains. Par ailleurs, il menace lesparents de la jeune femme de terribles maux si jamais ils ne le laissaient pasfaire. Paméla, après que le vicomte et ses parents, successivement, ont essayéde l’emprisonner, réussit à fuir avec l’aide des animaux qu’elle gardehabituellement. Le vicomte éconduit va dès lors vivre dans une caverne, où sonneveu lui rend régulièrement visite et lui amène de quoi subsister.

            Plusloin dans le temps, le vicomte semble calmé. Alors que le neveu est sur lepoint de se faire piquer par une araignée dangereuse, le vicomte arrêtel’araignée et se fait lui-même blesser. Le neveu court lui chercher un remèdemais quand il revient le vicomte a retrouvé son état diabolique et force leneveu à plonger sa main dans un nid de guêpes. Le neveu rejoint Trelawney,dépité. Trelawney lui apprend que le vicomte l’a plus tôt sauvé de lanoyade ! Partout, on raconte que le vicomte s’adoucit et qu’il est de plusen plus fréquemment bienveillant. On apprend alors que le côté gauche duvicomte n’est pas totalement détruit : il était enterré quelque part, non loindu champ de bataille où il l’a perdu, et des hommes l’ont déterré et réparé !Cette bonne moitié a rejoint Terralba et agit quand la mauvaise n’est pas là.

            Labonne et la mauvaise moitié agissent chacune de leur côté, la bonne aidantTrelawney dans ses tâches, la mauvaise s’attachant à tout anéantir. La bonnemoitié rêve d’élaborer une machine improbable qui serait à la fois utile (elleservirait de moulin, de four, de machine pour puiser l’eau) et agréable (onpourrait aussi l’utiliser pour jouer de la musique et attraper des papillons).La mauvaise moitié travaille à lui nuire. Les bonnes actions de la bonne moitién’ont cependant pas que de bonnes conséquences. Les huguenots et les lépreuxlui reprochent les effets funestes de ses cadeaux. Ainsi, la bonne moitié s’avèreen réalité aussi néfaste à la société que la mauvaise. C’est ici que la moraledélivrée par Calvino se montre la plus limpide : Le Vicomte pourfendu est en fait une invitation à se comportertoujours dans le « juste milieu », le trop mauvais est mauvais, maisle trop bon aussi ! C’est le trop, finalement, qui n’est pas bon.

            Paméla,astucieuse, dit à l’une comme à l’autre moitié qu’elle souhaite les épouser. Lejour du mariage, les deux moitiés se combattent. Leur plaie s’ouvre à nouveaudans la mêlée et Trelawney en profite pour rassembler les deux moitiés. Levicomte redevient l’homme qu’il était auparavant et se met à gouverner son fiefavec raison.

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