L’Épopée de Gilgamesh

par

Gilgamesh, l’audace contre les dieux

Au début du récit,Gilgamesh nous est présenté comme un roi jeune, puissant mais tyrannique. Surtout,il se donne le droit de coucher avec toutes les femmes du royaume, même le soirde leurs mariages. Les plaintes de ses sujets sonneront si forts que les dieuxcréeront un être à sa mesure pour l’assagir : le sauvage Enkidu. Celui-cideviendra son compagnon et l’assagira, mais surtout, le complètera : ensemble,tous deux accompliront ce que Gilgamesh seul ne pourrait. Plus importantencore, Gilgamesh deviendra un être humain au plein sens du terme, connaissantles émotions primaires et se confrontant à la peur de la mort. Gilgamesh seradiminué après la mort d’Enkidu : non seulement il deviendra lui aussi unhomme sauvage, errant dans le désert, mais il se révèlera avoir peur et pouvoirconnaître la douleur.

« Ce qui est arrivé à mon ami me hante

mon ami que j’aimais d’amour si fort

est devenu de l’argile

et moi aussi

devrais-je me coucher

et ne plus jamais me lever ? »

Mais Gilgamesh est surtoutun héros, avec une remarquable force physique et une audace incalculables. Il affrontetout ce qui peut lui offrir un prétexte au combat. Roi, il n’a cure des normesmorales, les violant avec impunité tout comme il viole ses sujettes. Il choisitd’aller combattre le monstre Houmbaba malgré les avertissements d’Enkidu et dessages d’Uruk, bien qu’Houmbaba protège une forêt sacrée au pied de la montagneoù habitent les dieux. Il rejette les avances d’Ishtar et ose lui dire sesquatre vérités, et puis il a l’audace de tuer le Taureau Céleste. Les hommes nesuffisent pas à Gilgamesh ; deux tiers homme, un tiers dieu, il doits’insurger contre les dieux eux-mêmes, sécurisé par la protection de Shamash. Punipar la mort d’Enkidu, il ne se soumettra pas pour autant. Bien qu’iln’attaquera pas les dieux, il quêtera l’immortalité qu’ils ont interdite auxhommes, et ira là où n’est allé aucun homme auparavant. Le fait qu’il neréussisse pas n’enlève rien à l’intrépidité dont il fait preuve. Tout enadorant les dieux et en reconnaissant leur pouvoir, Gilgamesh se mesure sanscesse à eux, leur niant la suprématie terrestre. Même revenant de sa plusgrande défaite, il se vantera des murs qu’il a élevés à Uruk.

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