Les prétendants

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Les Prétendants : l’intrigue d’une succession et une cacophonie

Les Prétendants, comme l’indique le titre, va opposer des personnages qui veulent la même chose : ici, le graal n’est autre que la direction de la troupe de théâtre et du centre culturel. En fait, au début de l’intrigue, l’État représenté par le ministre de la Culture, et la ville, Poitiers, ont pour projet d’amener deux nouveaux directeurs, ou plutôt un directeur et un adjoint, qui seraient respectivement Später et Blot. Ils arrivent ainsi à deux dans un univers qu’ils ne connaissent pas encore : mais bientôt, ils se rendent compte que le centre culturel et particulièrement la troupe de théâtre préfèrent avoir un seul directeur, comme c’était le cas auparavant. C’est ainsi que les deux amis vont devenir prétendants, tous les deux, à ce poste. On assiste donc à la passation de pouvoir, sous les yeux de la troupe. On se doute qu’ils ont fait des études ensemble, on sait qu’ils se connaissent bien, sont comme des complices, mais le spectateur ignore si tous les deux ont déjà travaillé ensemble dans le domaine du théâtre.

La question va être, d’un point de vue personnel et des ambitions professionnelles, comment leur amitié va-t-elle évoluer ? Ce qui est ironique, c’est que les deux hommes sont aussi prétendants pour d’autres raisons : tous deux apprécient beaucoup la fille, Christine, du directeur sortant, Paul Raoult, qu’ils ont connue à l’université. Ils sont ainsi prétendants au sens romantique et finalement théâtral du terme.

 

La passation de pouvoir, dont on ignore au début de la pièce à qui elle profitera, va donc donner lieu à des intrigues, à des manipulations et à des pressions de toutes parts. Toutes ces méthodes de séduction représentent donc bien les nombreuses luttes pour le pouvoir, que l’on retrouve également en politique. Ici, le candidat à la succession est tout désigné :

« Monsieur Später, mais ce n’est pas un secret… mais ce n’est plus un secret pour personne… Monsieur Später — et c’est d’un commun accord que la municipalité que je représente, et le ministère… n’est-ce pas, Monsieur Mariani ?… n’est-ce pas ? — Monsieur Später, donc, d’un commun accord, et ce choix ne pouvait qu’être une évidence, Monsieur Später remplacera Monsieur Raout. Et je suis très heureuse de pouvoir ; dès aujourd’hui, je suis très heureuse de pouvoir l’annoncer. Vous le présenter — pour ceux qui ne le connaissent pas — l’introniser, et le présenter, pouvoir le présenter comme tel… oui… bon… comme tel à ceux qui ne l’imaginaient pas sous ce jour. »

 

Plus intéressant encore, cette succession qui s’organise, cette passation de pouvoir ne se fait pas qu’entre deux êtres humains. Elle se fait entre deux types de théâtre, entre une manière de faire du théâtre amateur « à l’ancienne », par des bénévoles passionnés qui faisaient cela sans prétention, sans appât du gain, sans chercher la perfection mais simplement en apprenant sur le tas, et la nouvelle génération incarnée par Blot et Später qui eux ont fait des études, ont des méthodes, sont plus professionnels.

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