Les prétendants

par

Un doute sur les rencontres : une cacophonie

Le lecteur et le spectateur finissent par oublier qui a rencontré qui. En effet, les personnages tentent de passer sous silence la présence de certains, d’autres arrivent quand les uns quittent la scène et vice-versa ; c’est en tout cas l’impression que l’on a. Pourtant, tout le long de la pièce, les personnages sont quasiment tous sur scène, mais les nombreuses apartés créent des relations diverses. Les différents personnages, au nombre de 17, perdent ainsi un peu le lecteur, qui ne sait plus qui connaît qui ; cela entraîne ainsi un doute et une confusion.

 

Dans son journal intime, l’auteur précisait qu’il avait longtemps voulu écrire cette pièce sous la forme de 19 interviews successives, ce qui aurait fait que tous les personnages se seraient croisés. Finalement, il a choisi des répliques qui se croisent, de telle sorte qu’à la lecture de la pièce, le lecteur ne sait plus qui a vu qui, qui parle à qui, ce qui crée un mélange dans les dialogues.

 

Il y a donc des moments où les personnages parlent entre eux, par groupes, et certains autres s’adressent au public, parlent seuls, comme lors de monologues, à ceci près qu’ils ne sont pas seuls sur scène. Cela renforce le sentiment de cacophonie. L’auteur mêle donc de nombreuses histoires, des destins très personnels avec une anecdote publique qui est donc cette réunion du conseil d’administration du centre.

 

Autre élément qui renforce la confusion : des personnages ont des noms complètement farfelus ; les noms indiqués en début de ligne ne sont pas les mêmes que ceux par lesquels on les appelle, sans compter que des personnages n’ont pas de noms mais sont désignés par leurs relations avec d’autres, comme le mari de Brulat : « BRULAT. – Je ne t'ai pas demandé de venir. Tu es là. Tu fais comme tu veux. Qu' est-ce que cela fait ? Tu fais comme tu veux, tu ne me reproches pas. Ce n'est pas moi qui t'ai demandé. MARI DE BRULAT. – Tu veux que je parte ? Je pars ? C'est ce que tu souhaites ? Tu souhaites que je parte ? Drôle, cela. Tu me dis de partir, je pars. Est-ce que je pense autrement ? Qu'est-ce que cela peut faire ? Je suis venu, je peux repartir. Ça ne fait rien. Rien, cela ne fait rien. Drôle, oui. Nous n'en parlerons plus, franchement, nous n'en parlons plus. Je pars ? Très franchement – tu veux que je parte ? – très franchement, on ne dira pas que j'ai gagné ma matinée. »

 

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