Les prétendants

par

L’autorité locale tournée en ridicule

Si l’auteur se moque globalement des membres du gouvernement et du manque d’implication des autorités publiques étatiques, il n’en épargne pas moins l’autorité municipale, qui se soumet à l’autorité du ministre, tente de faire la meilleure impression possible mais cafouille également.

 

L’opinion de l’auteur au sujet de la ville n’est guère mieux ; Poitiers représente la municipalité, et semble aussi peu à son aise : « POITIERS. – Oui, oui. Je vous remercie, monsieur, au nom de la municipalité, de votre visite, bien sûr, elle me touche, mais encore, c’est dans la logique des choses, mais encore de la décision – et je sais que vous n’y êtes pas pour rien – mais encore de la décision du ministère de nous aider, désormais à conduire notre politique dans cette maison et à expérimenter de nouvelles actions. »

 

Poitiers s’en prend à Raoult, l’ancien directeur du centre, car il a oublié d’aller chercher le ministre : « POITIERS, à Raout. – Excusez-moi, Paul, je peux vous dire un mot ?
(Aux autres.)
Vous voudrez bien nous excuser une demi-minute ?
(À Raoult.)
Je ne suis pas contente, Paul, permettez-moi de vous le dire, j’en suis désolée, vous me connaissez, ce n’est pas mon genre d’intervenir de la manière suivante, mais, permettez-moi de vous le dire, je ne suis pas contente.
Pas du tout, pas du tout, du tout, du tout. Mais pas du tout du tout.
Mariani s’est retrouvé seul à la gare, je ne sais pas si vous imaginez cela, personne pour l’attendre, nous nous serions passés de cela, ce genre d’incident est vraiment tout ce que j’apprécie.
Je ne sais pas qui devait se charger de lui, s’en charger, je ne le sais pas, et je ne demande pas à le savoir, vous devez le comprendre aisément. Je suppose – j’aime à le croire ! – je suppose que vous avez fait le nécessaire, prévu les choses, ce sont des points de détail essentiels qui se prévoient. Je ne doute pas que vous ayez donné des ordres dans ce sens – je ne m’imagine pas le contraire – mais, très sincèrement, vous me permettez de vous le dire, très sincèrement, c’est ennuyeux, malheureux c’est le mot, très ennuyeux : il est venu jusqu’ici en taxi, ce n’est pas sérieux, pas sérieux du tout, du tout, pas du tout du tout, je tiens à vous dire […]  Je comprends, Paul, comprenez-le, mais tout de même, permettez-moi de vous le dire, vous le faire remarquer, je ne veux pas savoir qui est responsable, mais ce n’est pas d’une intelligence frénétique, c’est ennuyeux, c’est malheureux, pas d’autre mot. »

Le fait qu’elle n’arrête pas de se répéter et qu’elle perde son temps dans une situation urgente la tourne en ridicule.

 

Au niveau de la forme, règne ainsi une certaine cacophonie dans la pièce, car l’autorité, le pouvoir qui est censé avoir pris les décisions concernant le projet se trouve un peu perdu et désorganisé. 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’autorité locale tournée en ridicule >