Les prétendants

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Résumé

Lepoint de départ de la pièce est efficacement formulé par la quatrième decouverture : « Tous les personnages qui composent la vie d’un centreculturel de province se retrouvent à l’occasion de la nomination d’un nouveaudirecteur. C’est l’occasion de se réorganiser, de mettre en place un “nouveauprojet”. » La pièce est très difficile à résumer car elle repose sur unetriple accumulation : accumulation des personnages, dont la personnalitéet le lien hiérarchique finissent par se neutraliser absolument dans laconfusion générale ; accumulation des sous-intrigues, chacun restantcoincé sur sa petite problématique personnelle alors qu’a priori on essaie deviser quelque chose d’élevé ; accumulation des mots enfin : lapoétique de Lagarce se caractérisant par un jeu perpétuel de répétitions, lespersonnages tâchent sans arrêt de préciser ce qu’ils veulent dire mais cesprécisions ne font que rendre le propos encore plus flou.

 

Première partie

 

Àl’ouverture du rideau, sept personnages sont sur la scène, qui représente unesalle de réunion : Brulat, secrétaire générale ; son mari nommésimplement « Mari de Brulat » ; Ripoix, second collaborateur deRaout l’ancien directeur ; Nelly, sa femme ; Christine, la fille deRaout ; Später, le nouveau directeur ; Blot, son collaborateur. Ici,pas de dialogue collectif, le grand groupe se divise en petits groupes :Brulat se dispute avec son mari qui croit qu’elle veut qu’il parte ; Nellyet Ripoix se disputent car ils n’arrivent pas à savoir s’ils sont en retard ounon ; Christine, Blot et Später quant à eux se font des politesses. EntreMadame Louis, membre du conseil d’administration. Elle rejoint le troisièmegroupe, tandis que les deux autres ne font que poursuivre leur dispute. Späteret Madame Louis se font des politesses. Entrent Poitiers, représentante de lamunicipalité, Mariani, envoyé du ministère, Raout et Hélène, sa femme. On faitles présentations. Entre le mari de Poitiers. L’idée d’un nouveau projetémerge. Entre Joseph Schwartzer, premier adjoint de Raout. Poitiers crée unmalaise en laissant entendre que la passation de pouvoir est discutable. À côtéde cela, c’est le bazar, tout le monde se butte sur des incivilités mineures etles dialogues tournent en rond. Entre un personnage nommé Soliveau, le seul dela pièce à ne pas être défini du tout, ni par une fonction ni par un lienfamilial – il n’est que son nom. On n’attend plus qu’un certain Aubier,représentant local du ministère de Mariani – le voilà. Poitiers fait lesprésentations. Entre Debreuil, membre du conseil d’administration. On incitetout le monde à se calmer. La réunion va commencer.

 

Deuxième partie

 

Poitierset son mari, Brulat et le sien, avec Ripoix, Nelly, Raout, Hélène et Schwartzersont en scène. Une dispute a éclaté. Tout le monde crie à tort et à travers. Onne saisit absolument pas l’enjeu du violent débat. On rappelle au calme.

 

Troisième partie

 

Tousen scène. La troisième partie reprend un peu avant la fin de la première. Laréunion commence. Ce premier mouvement de réunion n’est en fait qu’unealternance de longs discours et de dialogues très confus. Discours de Poitiers,qui félicite chaleureusement Raout. Discours de Raout, qui dit espérer que sonsuccesseur saura poursuivre ce qu’il a entrepris. Discours de Mariani, quisouligne l’honneur que c’est pour lui d’être là en cette occasion. Discoursd’Aubier, qui explique qu’il a décidé de tirer un trait sur tous les désaccordsdu passé. Discours de Poitiers à nouveau, qui rajoute quelques citations etproverbes. Discours de Später. Discours de Mariani à nouveau. Tandis que lespersonnages avec le moins de pouvoir se questionnent sur la légitimité du modede sélection de Später en guise de successeur, Nelly, de plus en plus, semontre agressive et met en cause l’hypocrisie générale. Ripoix et Brulat la fontsortir. 

 

Quatrième partie

 

Laquatrième partie reprend un peu avant la fin de la troisième. Les tensionss’extériorisent un peu plus, on se dispute, on n’est pas d’accord sur lanomination de Später. Nelly et Brulat reviennent.

 

Cinquième partie

 

Toussont en scène. La cinquième partie reprend un peu avant la fin de la quatrième.Les débats n’ont absolument rien changé. La procédure de passation de pouvoirest terminée. On se dit au revoir et on s’invite à dîner. Tout le monde s’enva.

 

Lalecture de la pièce peut s’avérer absconse voire indigeste : il n’estpas dit qu’à son issue, le lecteur sera vraiment éclairé sur l’essence del’œuvre, particulière ou générale. Comment la compléter dans ce cas ? Quandun texte de théâtre paraît incomplet, c’est probablement qu’il faut le voir misen scène. Si le texte de théâtre pendant longtemps s’est suffi à lui-même (avecdes cas extrêmes tels que le théâtre de Racine, tant radical dans son rejet ducorps qu’on pourrait penser que l’incarner c’est le trahir), le théâtre du XXesiècle, et a fortiori celui de Lagarce, ne se situe plus du tout dans cetteoptique. C’est le temps de la représentation – et non plus le temps del’écriture – qui est le véritable temps du théâtre. D’autre part, puisqueLagarce est un auteur encore proche de nous (il est mort en 1995), on peutfacilement retrouver des traces de ses intentions – ne serait-ce qu’en allantsur lagarce.net, qui propose par exemple une lecture inattendue des Prétendants.

Lesauteurs du résumé proposé, en se basant non seulement sur le texte mais aussisur des schémas récurrents du théâtre de Lagarce, devinent dans la pièce unesituation de triangle amoureux entre Später, Blot et Christine. Ainsi le titre LesPrétendants a un double sens : on est à la fois prétendant au pouvoiret prétendant pour une femme.

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