Les Voyages de Gulliver

par

L’individu contre la société

Bien qu’on ne puisse l’assimiler à un tel genre littéraire, le roman semble tirer son inspiration des grandes utopies rencontrées au cours de l’histoire de la littérature. En effet, le roman s’apparente aux récits de présentation utopique dans son exposé de différentes sociétés aux modes de fonctionnement tout à fait différents les uns des autres. Plutôt que de nous proposer un modèle utopique, Swift nous laisse faire notre choix parmi la palette de terres neuves qu’il nous propose. Ces terres ont les points communs avec le genre utopique d’être difficiles d’accès – on y parvient après un naufrage, avec l’obligation de passer par la mer. De plus, le sentiment de la collectivité semble être exacerbé dans les différentes sociétés proposées. L’individuel se fait rare et les habitants des contrées inventées ont tendance à œuvrer plus pour l’intérêt de leur communauté, régie par un monarque ou une souveraine, que pour leur intérêt personnel.

La famille également se voit planifiée, s’assimilant de la sorte à un modèle utopique. La cellule familiale est livrée à la société toute entière, ce qui bannit l’individualité : les Houyhnhnms doivent se confronter à un strict « mode d’emploi familial » qui force les parents de deux enfants du même sexe à échanger l’un d’entre eux contre un enfant du sexe opposé trouvé dans une autre famille qui serait dans un cas similaire. Ce procédé, censé équilibrer un apparent ratio du genre, peut être vu comme une mesure extrême...

Inscrivez-vous pour continuer à lire L’individu contre la société >

Dissertation à propos de Les Voyages de Gulliver