Les Voyages de Gulliver

par

La reine de Brobdingnag

La reine de Brobdingnag n’est que très peu décrite et son personnage, en tant qu’agent, n’a pas un rôle très important dans l’œuvre, mais elle est fondamentale en tant que symbole et allégorie. En effet, elle est l’un des uniques personnages féminins de l’histoire. Gulliver lui-même n’entretient qu’une relation platonique avec son épouse, et ne s’intéresse aux personnages féminins que par un lien qui relève plus de la tendresse que du désir. La fille du fermier de Brobdingnag attire son attention, mais davantage par la gentillesse qu’elle lui témoigne que par un éventuel désir de chair. Et si notre aventurier se montre courtois et déférent envers l’impératrice de Lilliput, son comportement est davantage dû au rang de celle-ci que motivé par d’autres considérations.

La reine de Brobdingnag trouve ainsi son intérêt dans le fait qu’elle est la seule qui semble éveiller chez Gulliver de masculins instincts, enfouis trop profondément en lui pour qu’il s’en souvienne. Au-delà de la noblesse de la dirigeante de ce monde de géants, Gulliver semble reconnaître en elle quelque chose de plus qui le fait redoubler de louanges et de flatteries, vantant sa finesse et son bel esprit. N’oublions pas que l’histoire est racontée à la première personne ; ainsi, lorsque le capitaine s’attache à décrire de manière très détaillée le baiser qu’il est autorisé à donner sur le bout du doigt de la reine, le texte prend une tournure toute personnelle et presque lyrique, ce qui est étrange de la part de cet homme qui exprime bien peu ses sentiments : la reine aura réussi à éveiller en lui l’homme sensible qui dormait.

L’altière géante n’est...

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