Macbeth

par

Banquo

Noble général écossais courageux et loyal, il est avec Macbeth quand les trois sorcières apparaissent et lui aussi est destinataire d’une prédiction : sa descendance régnera sur l’Écosse. Contrairement à Macbeth, cette prédiction n’entame en rien sa loyauté envers Duncan. En ce sens, il est l’opposé de Macbeth, son parfait antagoniste : il est celui qui ne prend pas le chemin de la trahison car ce chemin implique fourberie et meurtre.

Il est assassiné par les sbires de Macbeth et sauve la vie de son fils Fleance en retenant les spadassins et permettant au garçon de fuir. Son fantôme, que seul Macbeth peut voir, vient hanter la salle de banquet du château : il est à noter que ce n’est pas Duncan qui poursuit Macbeth par-delà la tombe mais Banquo. La prophétie des sorcières se réalisera : la descendance de Banquo régnera sur l’Écosse. Les sorcières montrent même à Macbeth les ombres des descendants de Banquo qui, neuf générations plus tard, s’incarneront en le roi Jacques Ier (acte IV, scène 1) : « j’en vois quelques-uns qui portent deux globes et un triple sceptre » ; « voilà Banquo, tout souillé du sang de ses plaies, qui me sourit et me les montre comme siens » s’exclame Macbeth devant la vision que lui offrent les sorcières.

­Banquo est parfait, il n’a aucun défaut. Cette perfection idéale est suspecte et n’est pas due au hasard, d’autant plus que les chroniques de Holinshed, source d’inspiration de Shakespeare, décrivent Banquo comme le complice de Macbeth. Or, il se trouve que le roi Jacques Ier, souverain régnant sur les royaumes d’Écosse et d’Angleterre quand Shakespeare écrivit la pièce, se disait descendant de Banquo. Quoi de plus logique pour le dramaturge habile qu’est Shakespeare de peindre Banquo comme le parangon de toutes les vertus ? La pièce fut sans doute écrite entre 1599 et 1606, période de troubles politiques et religieux. Shakespeare, à travers Banquo, justifie la présence du roi Jacques sur le trône.

 

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