Manifeste du surréalisme

par

Influences philosophiques de Breton

La lecture attentive de Freud a indéniablement marqué Breton et ses idées concernant le surréalisme. En effet, il attache une importance toute particulière au rêve et à l’inconscient dans le travail de l’artiste surréaliste.

Breton estime que c’est dans le rêve que l’humain fait preuve de la plus grande réceptivité, créativité, et qu’il ne faut pas laisser cet état inconscient au hasard. Il explique que si ces deux états, réalité et rêve, sont en apparence contradictoires, ils sont toutefois complémentaires et ne peuvent exister l’un sans l’autre. Ainsi, ils formeraient une sorte de troisième dimension, d’état que l’on pourrait rendre par la production artistique et qui ferait ainsi le lien entre la réalité et le rêve, et en cela serait porteur d’une vérité indéniable : la surréalité. Il affirme ainsi partir « à la conquête » de cette surréalité, car c’est en elle que s’exercerait au maximum la vie psychique.

Ce désir de conquête lui serait apparu par hasard (ce qui appuie encore l’importance de la place qu’il laisse à celui-ci dans l’œuvre surréaliste). En effet, alors qu’il raconte être à demi-conscient, prêt à s’endormir, pas encore tout à fait livré au sommeil mais déjà trop loin de l’état d’éveil, une phrase lui serait soudainement apparue à l’esprit : « il y a un homme coupé en deux à la fenêtre ». Cette apparente révélation lui aurait donné les clés d’un nouveau moyen d’exprimer des pensées sorties tout droit de la surréalité : la libre écriture, ou écriture spontanée. Ainsi, c’est en vacillant entre sommeil et éveil que l’on parviendrait à cette instance surréaliste, dans laquelle s’entrecroisent réalité et rêve.

C’est en faisant cette découverte qu’il comprend donc que l’homme, en prêtant attention à cette marge surréaliste, serait capable de maîtriser l’intégralité de sa liberté, en se faisant entièrement maître de soi, en domptant les affres de son inconscient pour les appliquer ensuite au réel. Il revendique donc la liberté de l’homme à « proposer et disposer » de son propre esprit, et ainsi d’exprimer ce qui ne s’exprime pas d’habitude, ou ce que l’on ne nomme pas poésie.

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