Manifeste du surréalisme

par

Littérature et imagination

Breton commence son manifeste par une apologie de la folie : cette dernière seule peut libérer l'imagination de l'homme et la délivrer de la recherche commune d'utilité, qui la limite dans ses potentialités. Ainsi, il fait au nom de l'imagination le procès de l'attitude réaliste et matérialiste qui alourdit l'esprit de l'homme et le cantonne à la pure utilité pragmatique.

La conséquence d'une telle attitude, dans le domaine de la littérature, a été l'abondance des romans où chaque auteur offre sa propre observation du monde, notant dans un style informatif des éléments choisis.

La première gangrène de ces ouvrages – et la plus caractéristique – se trouve être l'abus de descriptions qui ne font que superposer des "images de catalogue", des "lieux communs". L'imagination n'a aucune part dans ces passages, où l'auteur ne fait que copier les lieux extérieurs, sans y peindre de sentiments. Il ne copie que ce qui est dans la réalité, sans la ressentir. Ainsi les romans réalistes voient-ils se multiplier des scènes sans intérêt, des notations de moments nuls et inintéressants qui ne devraient pas, selon Breton, figurer dans une œuvre.

Il s'attaque alors à la critique de la psychologie des personnages : le héros est fait d'expériences passées, et il est censé représenter l'être humain commun, ou une potentialité de l'être. Pourtant, Breton refuse l'idée qu'on puisse connaître le tout en s'attachant à peindre le particulier. On ne peut pas connaître l'inconnu – la nature humaine – en découvrant le connu – le personnage. Cette illusion berce les cerveaux et endort l'esprit critique du lecteur. Une telle conception des...

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Dissertation à propos de Manifeste du surréalisme