Manifeste du surréalisme

par

Un non-conformisme affirmé

Le caractère clairement anticonformiste du texte apparaît surtout dans le Second manifeste de 1929. En effet, Breton affirme clairement qu’il est nécessaire et vital de découvrir d’autres nouveaux moyens d’expression, car c’est par là que l’homme pourra découvrir ce fameux point qui demeure dans la surréalité, qui entrecroise mort et vie, absurde et sensé, laid et beau, vrai et faux, bien et mal. Ces vieilles antithèses sont réfutées par le surréaliste qui pense qu’une dimension existe où tous ces concepts se rejoignent en un même point précis. Le but de son travail est de découvrir ce fameux point, et il faut pour cela s’affranchir des pensées préconçues qui nous obligent à ne réfléchir et à ne créer que dans un sens unique.

Ainsi, il clame que « L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tout ce qu'on peut dans la foule. »

Cette simple image se veut explicite, montrant que c’est par une totale rébellion contre « les vieilles antinomies », la mise en confrontation de concepts entre lesquels on dresse la plupart du temps un important clivage, que le point surréaliste sera découvert.

Ainsi, cette découverte passerait par « la descente vertigineuse en nous-mêmes », dans la « zone interdite » dans laquelle Breton affirme que l’on devrait se promener perpétuellement. Cette zone à ne pas franchir représente tous les moyens d’expression que la morale juge indécents, tous les aspects de la production poétique que la société réfute.

C’est ainsi que Breton se fait anticonformiste : il explique que le surréalisme est avant tout une entreprise sociale et en cela se distingue d’un simple idéalisme. Il doit s’appuyer sur les faits politiques et sociaux à l’œuvre, et Breton soulève ici la remise en question du régime sous lequel la société vit actuellement.

C’est donc, en plus d’une entreprise créative et philosophique, une véritable secousse dans les mœurs et un travail de réveil des populations qu’entreprend l’écrivain-poète.

Breton revendique ainsi, dans son manifeste, les places du rêve, du hasard et du merveilleux dans l’œuvre surréaliste, qui doivent toutes converger vers ce point d’affranchissement de l’homme qui se trouve entre réalité et rêve, pour atteindre une réflexion universelle sur la condition sociale de l’homme.

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