Mémoires d’outre-tombe

par

Le thème récurrent de la Mort

« Ces mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs » : ainsi se sont rêvés les Mémoires d’outre-tombe. Quel sens donner à l’intitulé Mémoires d’outre-tombe ? Pourquoi avertir les lecteurs qu’« ils se doivent souvenir qu’ils n’entendent que la voix d’un mort » ou plutôt « une voix lointaine qui sort de la tombe » ? Dépassant ainsi le terme fatal, se mettant par anticipation au nombre des morts, le mémorialiste pouvait prétendre à un point de vue privilégié, celui dont rêve toute autobiographie : un regard d’ensemble sur la totalité d’une vie enfin close, cohérente, signifiante, sans retouches ni incertitudes, une position de surplomb, celle d’un dieu, ou d’un artiste, une fois son œuvre parachevée.   

Une brève analyse du titre de l’œuvre peut rapidement nous renseigner sur le ton que celle-ci empruntera tout au long de ses pages : celui de la mort et des ténèbres. En effet, Chateaubriand joue ici sur le paradoxe en nous proposant de lire ses mémoires, qui sont, par définition, le déroulement de sa vie et des évènements historiques auxquels il a assisté, tout en affirmant que ces mémoires proviennent d’outre-tombe, de par la narration de quelqu’un qui est déjà mort. Ainsi, ce titre semble nous proposer de lire l’histoire d’un homme qui, sans être déjà décédé, partage une expérience si proche avec la...

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Dissertation à propos de Mémoires d’outre-tombe