Michel Strogoff

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Jules Verne

Chronologie

 

1828 : Jules Verne naît à Nantes. Le catholicisme de son père, un
avoué, lui vaut d’étudier au collège Saint-Stanislas, où il se montre un bon
élève, puis à partir de douze ans au petit séminaire de Saint-Donatien comme
pensionnaire. Jules fréquente pendant ses vacances l’oncle Prudent, un ancien
armateur qui a fait le tour du monde. Plusieurs histoires rapportent le désir d’aventures ressenti par
l’adolescent. Il fait ses classes de rhétorique et de philosophie au collège
Royal de Nantes, puis part étudier le droit
à Paris. Il connaît à cette période plusieurs désillusions amoureuses
marquantes. Il assiste aussi avec effarement aux événements de 1848. Un oncle
l’introduit dans les salons littéraires
et l’apprenti écrivain se passionne pour le théâtre, subissant grandement l’influence des pièces et des romans
de Victor Hugo à la suite duquel il compose
des pièces, en plus de ses poésies et de premiers romans. Il donne un temps des
leçons, travaille pour un ami avocat, et s’inquiète beaucoup pour sa santé,
notamment après une première crise de paralysie faciale d’origine inconnue.

1850 : Jules Verne fait ses débuts
d’écrivain
après s’être lié à Alexandre
Dumas fils
. Grâce aux Dumas il voit jouée sa comédie en un acte Les Pailles rompues au
Théâtre-Historique, qui devient peu après le Théâtre-Lyrique. La pièce est
intitulée d’après un jeu auquel se livrent une femme et son époux avare, dont
l’enjeu est un collier en diamants.

1851 : Le jeune écrivain fait paraître sa nouvelle Les Premiers navires de
la marine mexicaine
dans la revue
Musée des familles
dirigée par le
Nantais Pitre-Chevalier. Paraît ensuite Un
voyage en ballon
. Dans cette revue, ne subissant pas encore la censure à
venir de son futur éditeur Hetzel, Verne se laisse aller à de nombreux
sous-entendus grivois. Secrétaire du nouveau directeur du Théâtre-Lyrique, il y fait jouer ses pièces. À cette période il se
passionne pour les sciences,
notamment la géographie. La
rencontre de l’explorateur Jacques Arago (1790-1854), qui l’initie au récit de
voyage, est décisive. En 1853, avec le compositeur nantais Aristide Hignard, son voisin de palier, Verne se lance dans le
genre de l’opéra-comique. Il
continue en parallèle d’écrire des récits. En 1854, il refuse la direction du
Théâtre-Lyrique. L’angoisse de trouver une épouse – une rentière –, après de
nombreuses déconvenues, le travaille. Ayant finalement trouvé une jeune mère
veuve à son goût, il se fait agent de
change
avec l’aide de son futur beau-frère et l’argent de son père.

1859 : Verne voyage en Angleterre
et en Écosse avec son ami Aristide
Hignard. Son métier à la bourse ne lui réussit guère, et son mariage ne le rend
pas heureux. Il s’enferme beaucoup dans son cabinet pour écrire. Pendant un
voyage en Norvège, à nouveau avec
Hignard, Jules Verne devient père.

1863 : Après le refus par Hetzel
du Voyage en Angleterre et en Écosse,
le fameux éditeur de Balzac accepte Cinq semaines en ballon, qui connaît
un très grand succès. Dès lors un
contrat lira vingt années durant Verne à Hetzel, mais surtout une forte amitié
et une collaboration fructueuse qui se poursuivra au-delà, jusqu’à la mort de
l’éditeur en 1886. Vers cette période Verne découvre fasciné Edgar Poe grâce aux traductions de
Baudelaire. Il cesse en outre ses activités d’agent de change. En 1864 paraît Voyage
au centre de la Terre
.

1867 : Devenu membre de la Société de géographie deux ans plus
tôt, Verne s’embarque avec son frère Paul pour les États-Unis. L’année suivante il achète son premier bateau, le Saint-Michel, où il aura un cabinet
de travail. En 1870 paraît Vingt mille lieues sous les mers.

1872 : La famille Verne s’installe à Amiens
où l’écrivain fréquente les sociétés
savantes
. Il lit de nombreuses revues
scientifiques
et deviendra même en 1875 directeur de l’Académie des
sciences, des lettres et des arts d’Amiens. En 1873 paraît en volume Le
Tour du monde en quatre-vingt jours
.

1878 : Sur le Saint-Michel III, Verne part pour une croisière de Lisbonne à Alger,
puis il rejoint l’Écosse et l’Irlande. En 1881, il part pour la mer du Nord, la
Hollande, l’Allemagne et la Baltique. La parution des Cinq cents millions de la Bégum
en 1879 marque une forme de rupture dans l’œuvre vernienne.
Auparavant, ses romans apparaissent optimistes, mais à partir de celui-ci, le
contexte capitaliste et colonialiste semble effrayer l’auteur et assombrir dans
son esprit l’horizon de la société.

1884 : Jules Verne, très désireux depuis longtemps de faire son entrée sous
la Coupole, n’est pas élu par ses
pairs pour la quatrième fois ; il en est atteint. Cette année-là il fait
aussi une grande croisière autour de
la Méditerranée avec son frère, son
fils et son éditeur notamment.

1888 : Entrée de Jules Verne en politique,
en tant qu’élu républicain de la gauche modérée, au conseil municipal d’Amiens.
Il compte à travers son action faire aboutir certaines réformes urbaines. L’année
précédente il a été blessé par un tir de révolver de son neveu, expérience qui
lui laisse une claudication permanente
et qui le pousse à se sédentariser. Son
action politique durera quinze ans. En 1889 il inaugure le Cirque municipal,
dont il a fait avancer le dossier. L’écrivain s’intéressera aussi à l’espéranto, alors une toute jeune
langue. Ses romans deviennent de
plus en plus pessimistes, désenchantés, voire ironiques et
grinçants. Les sociétés anglaise et américaine en particulier font l’objet de
ses sarcasmes, par exemple dans L’Île à
hélice
(1895). Ses romans posthumes sont aussi particulièrement sombres,
comme l’œuvre anarchiste et ultrapessimiste Les
Naufragés du Jonathan
.

1905 : Jules Verne meurt à
Amiens.

 

L’art de Jules Verne

 

Jules Verne fait partie des auteurs pionniers du roman d’anticipation et de science-fiction,
les progrès permis par la science venant remplacer dans ses
œuvres le merveilleux des contes de
fées. Ses romans mêlent ainsi des données scientifiques, issues d’une
documentation importante – en géographie, ethnographie, sciences appliquées ou
via des récits de voyage –, et des extrapolations
osées qui lui confèrent le statut de
prospectiviste. À plusieurs égards
il a anticipé des machines et objets
qui n’existaient pas encore à son époque, comme le scaphandre autonome, le
sous-marin moderne, le dirigeable, les capsules interplanétaires, la
télévision, la bombe H ou l’hélicoptère. La matière scientifique est habilement
fondue dans ses récits, d’une façon didactique,
constituant même des péripéties qui font avancer l’action. Les héros sont d’ailleurs souvent des savants, des ingénieurs, des chercheurs. Cette littérature a également une
dimension préventive, l’utilisation
bonne ou mauvaise des progrès techniques et le devenir de la civilisation, qu’il présente comme mortelle, formant
l’enjeu de plusieurs récits. Le succès de Jules Verne, de son vivant, tient en
partie au fait que ses œuvres font voyager,
horizontalement et verticalement (dans les airs et sous
terre) à une époque où les déplacements loin de chez soi sont encore rares.
Notons encore la dimension poétique
et mythique de plusieurs de ses
histoires, véritables épopées, récits fabuleux d’initiation. Ses textes peuvent aussi bénéficier d’une lecture politique, même indirectement
(ainsi de Nemo en despote), souvent écologiste,
mais encore épistémologique.

Les Voyages extraordinaires dans les mondes connus et inconnus de
Jules Verne comptent soixante-deux romans et dix-huit nouvelles, d’abord parus dans Le
Magasin d’éducation et de récréation
, cette revue fondée par Hetzel à destination de la jeunesse, puis en
volumes dans de célèbres reliures. Plusieurs
de ses héros, particulièrement marquants, ont été promis à un grand avenir dans
la culture populaire, tels le capitaine Nemo, Phileas Fogg ou Michel Strogoff. Les
caractéristiques de son œuvre, particulièrement imagée, pleine d’aventures,
destinée au grand public, en font un vivier idéal pour le cinéma, d’où de très nombreuses
adaptations
au grand écran, parmi d’autres supports. Jusque dans les années
1970, Verne est resté l’auteur le plus traduit
au monde
. En raison de la destination de ses premières publications avec Hetzel,
mais aussi de la dimension pédagogique de ses ouvrages, on l’a souvent
considéré comme un « classique de
la jeunesse 
», bien qu’une grande partie de son œuvre témoigne assez
qu’elle vise aussi un lectorat adulte,
ne serait-ce que par de nombreux jeux de mots, anagrammes, ou de par les références littéraires et historiques qui
viennent donner de l’épaisseur à ses écrits.

Parmi les influences de Verne, outre Edgar Poe,
on peut citer le Grec Lucien de Samosate
qui au IIe siècle ap. J.-C. avait déjà imaginé des « voyages
extraordinaires ».

Si l’auteur, dans sa correspondance comme dans
ses œuvres, se montre un antimilitariste
convaincu, on lui a souvent reproché un antisémitisme
à replacer, bien sûr, dans le contexte d’une époque où la gauche radicale était
profondément antisémite. Il fut aussi antidreyfusard. Des formes de racisme
peuvent en outre être relevées dans son œuvre – même si l’écrivain stigmatisait
plus volontiers les rites barbares de certains peuples –, mais encore un
certain nationalisme, qui se
manifestait par exemple dans ses attaques contre l’Angleterre (César Cascabel, 1890) et l’Amérique.

 

Regards sur les œuvres

 

Cinq semaines en ballon
(1863) : Ce premier roman publié raconte le voyage entrepris par le Dr
Samuel Fergusson, un savant et explorateur, à bord du Victoria, un ballon gonflé à l’hydrogène bénéficiant
d’améliorations techniques imaginées par lui. Accompagné de Joe, son serviteur,
et de Richard « Dick Kennedy », un chasseur professionnel, il a pour
dessein de relier les trajets effectués par d’autres explorateurs, de Zanzibar
jusqu’aux sources du Nil, au gré d’un long survol de l’Afrique orientale. Ce trajet devient prétexte à l’exploration d’un
continent encore assez méconnu à l’époque, au fil d’une série d’aventures et de
nombreux rebondissements. Grâce au grand savoir de Fergusson, l’œuvre contient
de nombreuses descriptions géographiques,
mais aussi techniques et historiques. Ce roman qui anticipe le
devenir de l’aérostation compte
également des critiques de l’esclavage et
de la peine de mort.

Voyage au centre de la Terre
(1864) : Après la découverte d’un cryptogramme dans le manuscrit runique
d’un alchimiste islandais du XVIe siècle, qui signale l’existence
d’une cheminée, à l’intérieur du cratère du Sneffels – un volcan islandais
éteint – permettant l’accès au centre de la terre, Lidenbrock, un professeur allemand irascible, géologue et minéralogiste, organise une expédition dans laquelle il est
accompagné d’Axel, le narrateur, son
neveu orphelin, et d’un guide islandais dont le caractère flegmatique vient
contraster avec celui du savant. Au cours de leur trajet s’accumulent les
découvertes inattendues, dont celle d’une mer
souterraine
bordée d’une végétation aux dimensions gigantesques, mais
encore de monstres préhistoriques,
d’un homme fossilisé de l’époque quaternaire, et d’une créature entre l’homme
et le singe. En voulant faire sauter un obstacle qui leur barre la route, les
trois hommes provoquent un raz-de-marée qui
les conduit, sur un radeau, à être expulsés par le cratère du Stromboli, le volcan italien. Ici les
disciplines sur lesquelles se concentre l’auteur sont la paléontologie et la géologie,
sciences alors en plein essor, mais aussi la cryptologie et la minéralogie.
L’œuvre peut être lue comme le roman
d’initiation
d’un jeune homme, en la personne du novice Axel, qui subit une
forme de mort avant de renaître, devenant le héros d’une sorte d’épopée mythique.

De la Terre à la Lune
(1865) : Ce roman sera complété par Autour de la lune quatre ans plus tard. Tout part de
l’idée du Gun Club de Baltimore, un cercle
d’artilleurs
, d’envoyer un boulet de
canon sur la lune
. Un Français, Michel Ardan, propose de transformer
l’expérience en un vol habité. Il
part ainsi avec Barbicane, le président du club, et le capitaine Nicholl,
sceptique quant au projet, en direction du satellite terrestre pour un voyage
qui doit durer quatre jours. Le
moment où le projectile quitte l’orbite terrestre est un moment marquant car
les trois hommes se retrouvent alors flottant dans les airs. Un évènement
imprévu fait cependant dévier leur trajectoire et ils se retrouvent en orbite autour de la Lune avant de
retourner sur Terre, plus exactement dans l’Océan pacifique, sans avoir aluni. L’œuvre
contient des développements scientifiques et techniques sur la balistique, l’artillerie, l’astronomie
et la sélénographie, mais encore des
évocations de la pluralité des mondes.

Les Enfants du capitaine Grant (1866-1868) : Les enfants en question sont Robert et Mary, deux
adolescents prenant part à une expédition à bord du Duncan, suite à la découverte d’un message que
contenait une bouteille trouvée dans le ventre d’un requin. Seule la latitude
étant lisible sur le message en question, les passagers vont découvrir des
terres variées aux quatre coin du monde, notamment l’Amérique du Sud et
l’Australie. L’intrusion du discours scientifique est ici rendue possible par
le personnage de Paganel, un géographe
particulièrement pédagogue embarqué
par erreur, et qui donne aussi des leçons
d’histoire
. Il est également question de minéralogie, d’ethnographie,
de zoologie et à nouveau de minéralogie.

Vingt mille lieues sous les mers (1870) : C’est à bord du Nautilus, bien entendu, qu’a lieu
cette aventure sous-marine. Comme celui-ci était pris pour un monstre marin, à
l’origine de plusieurs naufrages, le naturaliste
français Aronnax, spécialiste des poissons, son
domestique Conseil et le harponneur québécois Ned Land se trouvaient tous trois
à bord de l’Abraham Lincoln qui
s’était lancé à sa poursuite, avant que les trois hommes ne soient recueillis à
bord du sous-marin. C’est aux côtés de la célèbre et mystérieuse figure du capitaine Nemo, retiré dans les
profondeurs pour fuir une société qu’il exècre, se vengeant régulièrement d’un
passé obscur en coulant des bateaux anglais, qu’ils vont découvrir huit mois
durant la faune et la flore sous-marines, mais encore contempler
l’Atlantide, rencontrer des
populations cannibales ou connaître des combats avec des poulpes géants. Ici
les disciplines dominantes infusant l’œuvre sont sans surprise l’océanographie, la biographie marine et l’ichtyologie.
La technologie du Nautilus anticipe
largement les développements techniques des décennies suivantes.

Le Tour du monde en quatre-vingt jours (1873) : Le roman part du pari que fait Phileas Fogg, un gentleman anglais, avec les membres de son club, de
réaliser l’exploit du titre. Il est accompagné dans ses aventures par son
domestique Jean, dit Passepartout, et poursuivi par un policier acharné qui le
pense coupable, à tort, d’avoir dévalisé une banque. Un des épisodes marquants
est le sauvetage, aux Indes, d’Aude, une jeune veuve prête d’être
brûlée selon la tradition hindoue, et avec laquelle le héros finira par se
marier après avoir remporté son pari, et s’être vu blanchi de toute accusation.
Les aventures de Fogg sont prétextes à faire découvrir au lecteur de nouvelles cultures, mais elles se
prêtent aussi à une réflexion sur le développement
des moyens de transport
à l’époque.

L’Île mystérieuse (1874-75) :
Cinq prisonniers échappés aux sudistes lors de la guerre de Sécession échouent
sur une île déserte après un trajet en aérostat. Parmi eux se trouvent Cyrus
Smith, un ingénieur dont les larges connaissances
vont permettre aux naufragés de civiliser
les lieux, et Harbert, un adolescent possédant des connaissances encyclopédiques
en sciences naturelles et
particulièrement en botanique. Les
ressources trouvées sur l’île, qui semble avoir été conçue pour qu’on y fasse
naufrage, sont proprement invraisemblables. Les cinq hommes se trouvent en
outre soutenus par une main providentielle qui demeure longtemps mystérieuse.
Ils y rencontreront le bandit repenti Ayrton, personnage des Enfants du capitaine Grant, ainsi que le
capitaine Nemo, qui termine sa vie
dans ce roman. L’œuvre comprend une réflexion sur les degrés d’humanité ; en effet la troupe apprivoise et humanise
Jup, un orang-outan, tandis que la
solitude d’Ayrton l’a progressivement transformé en bête, et il doit être
réhumanisé et subir un phénomène d’accoutumance voisin de celui du primate.
Quant à Nemo, au contact des colons il redécouvre l’humanité et sa misanthropie
vacille.

Michel Strogoff (1876) :
C’est à travers le regard du personnage éponyme, un capitaine des courriers du
tzar, que le lecteur découvre les régions
sibériennes
. En effet celui-ci a pour mission de rejoindre Irkoutsk, la capitale de la Sibérie orientale,
la garnison à laquelle il doit porter un courrier devant en effet être informée
de la menace que constituent pour elle les hordes tartares d’Ivan Ogareff,
ancien officier impérial mu par un désir de vengeance après avoir été dégradé.
Une intrigue amoureuse vient se
mêler aux épisodes dramatiques vécus par Strogoff – au cours de l’un d’eux il
doit notamment subir un cruel aveuglement – à travers le personnage de Nadia, qui l’accompagnera un temps et
deviendra son épouse. Verne a voulu brosser ici la figure d’un homme capable
d’un courage et d’un dévouement absolus.

Les cinq cents millions de la Bégum (1879) : Le nom de « Bégum » correspond au titre
honorifique porté par une femme de haut rang en Asie du Sud. La Bégum en
question a laissé un héritage de cinq cents millions que se partagent le docteur français François Sarrasin, lequel crée en Amérique la ville aux allures
utopiques de France-Ville, conçue
selon des théories hygiénistes ;
et le professeur allemand Schultze,
qui fonde Stahlstadt, cité de
l’acier dédiée à la fabrication de canons. Marcel Bruckmann, un ami du fils du
Dr Sarrasin, commence à travailler à Stahlstadt sous un faux nom, et va
progressivement entrer dans les confidences de Schultze, savant profondément
antifrançais, duquel il apprend le projet de détruire France-Ville grâce à un
énorme canon. La description de France-Ville est l’occasion pour Jules Verne
d’aborder les domaines de la santé
et de la protection de l’environnement.

Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1879) : Ce roman raconte l’histoire de Kin-Fo, un jeune et riche Chinois
qui, se pensant ruiné, passe un pacte
avec Wang, un philosophe, auquel il demande de le tuer dans un délai imparti, espérant que cette échéance
suspendue lui fera ressentir quelques émotions,
dont il se sent dépourvu. Quand il apprend qu’il n’est pas ruiné, commence pour
le héros une quête éperdue de son futur assassin, dont il ne trouve plus trace
– quête qui se fait en parallèle d’une prise
de conscience de la valeur de la vie
.

Robur-le-Conquérant
(1886) : Au lieu de découvrir le fond des océans, les passagers
involontaires de l’Albatros, machine volante inventée par Robur, découvre la terre
du ciel. Le héros tient à prouver que l’avenir appartient aux machines volantes, et non, comme le
disent les membres d’un club de férus d’aérostatique, ces
« ballonnistes » auxquels il s’oppose, aux engins plus légers que l’air. Robur, à l’instar du capitaine Nemo,
est une sorte de surhomme mystérieux.

Deux ans de vacances (1888) :
Dans ce roman Jules Verne continue son exploration d’une humanité replongée dans un milieu primitif, cette fois en faisant
échouer une quinzaine d’enfants et d’adolescents néo-zélandais sur une île, où
ils resteront, comme l’indique le titre, deux années durant. Le récit se
constitue autour des aléas de leur organisation et de leur confrontation avec
d’autres naufragés, peu amicaux.

Le Château des Carpathes (1892) :
Ce roman gothique a pour cadre la
Transylvanie, qui faisait alors partie de l’Empire austro-hongrois, terre de
légendes propice à l’histoire que raconte Jules Verne. L’intrigue se noue en
effet autour d’un château dont on ne sait s’il est habité, et qui est le lieu
d’étranges phénomènes propres à exciter l’imagination des habitants de Werst.
Dans ce village des Carpathes arrive Franz
de Télek
, frappé par le nom du propriétaire du château qu’on lui indique.
Il va en effet retrouver en celui-ci Rodolphe
de Gortz
, un homme connu autrefois et avec lequel il avait rivalisé pour
l’amour de la Stilla, une cantatrice.
La technologie est présente dans ce livre à travers l’invention d’Orfanik,
l’acolyte de Gortz qui a inventé un système
audiovisuel
permettant de restituer l’apparence et la voix de la
cantatrice, et dont on a pu parler comme une préfiguration du cinéma,
de la télévision, voire des hologrammes, Jules Verne s’étant
inspiré des développements de l’époque en termes d’électricité et de télécommunications.

 

 

« La mer est le vaste réservoir de la nature. C’est par la mer
que le globe a pour ainsi dire commencé, et qui sait s’il ne finira pas par
elle ! Là est la suprême tranquillité. La mer n’appartient pas aux
despotes. À sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques, s’y
battre, s’y dévorer, y transporter toutes les horreurs terrestres. Mais à
trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s’éteint,
leur puissance disparaît ! Ah ! Monsieur, vivez, vivez au sein des
mers ! Là seulement est l’indépendance ! Là je ne reconnais plus de
maîtres ! Là je suis libre ! »

 

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les
mers
, 1870

 

« Ainsi se formèrent ces immenses couches de charbon qu’une consommation
excessive doit pourtant épuiser en moins de trois siècles si les peuples
industrieux n’y prennent garde. »

 

Jules
Verne, Voyage au centre de la Terre,
1864

 

« Or, quand un Américain a une idée, il cherche un second
Américain qui la partage. Sont-ils trois, ils élisent un président et deux
secrétaires. Quatre, ils nomment un archiviste, et le bureau fonctionne. Cinq,
ils se convoquent en assemblée générale, et le club est constitué. »

 

Jules Verne, De la Terre à la Lune, 1865

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