Molloy

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Deux histoires et deux personnages apparemment sans lien

Les deux récits ont l’air très différent, tout comme les personnages. On a d’un côté l’histoire d’un vieil homme qui parle de ses souvenirs, qui paraissent très flous, ainsi que de sa mère, visiblement morte. À défaut d’agir, il réfléchit, bien que cela ne soit pas constructif. Il a reçu l’ordre, on ignore d’où, d’écrire ses souvenirs dans un carnet. De l’autre côté, le second récit présente un homme plus jeune, en mission, chargé par une agence quelque peu étrange, quasi secrète, de retrouver un vieil homme. Pour cela, il part avec son fils. Il ne réfléchit pas beaucoup ; homme de terrain, il est toujours dans l’action. Les deux personnages s’opposent donc autour de cet axe réflexion / action.

De plus, les deux histoires ne semblent pas avoir de rapport entre elles : un vieil homme parlant de son passé, devant sa mère morte, et un homme qui part en mission avec son fils. Ces deux intrigues sont totalement différentes.

Les deux personnages principaux, chacun de sa partie, les deux narrateurs ne pourraient être plus différents. En effet, Molloy est un vieil homme handicapé, à qui il manque des dents, l’usage d’une jambe, paralysée, tandis que la seconde menace également de subir le même sort. Il ne peut se tenir correctement, ni même se déplacer comme il le voudrait : physiquement, il ressemble à une créature étrange. Molloy est également plein de doutes, et il est paresseux, peu rationnel, et tient des propos parfois incohérents. Sa mémoire lui faisant défaut, il s’éparpille dans le récit de sa vie, dont il n’est pas certain de tous les détails : cela révèle une personnalité désordonnée. Il réfléchit beaucoup, ses pensées partent dans tous les sens, et il n’agit pas vraiment.

Pour sa part, Jacques Moran est un adulte en pleine possession de ses moyens physiques : il apparaît comme un homme fort, plutôt bien bâti. Il se présente comme un homme de conviction, mais surtout plein de certitudes. S’il ne réfléchit pas beaucoup, il agit vite et bien, il représente l’efficacité.

Moran a de la volonté, et c’est pour cela qu’il travaille dans une agence comme celle de Youdi, c’est pour cela qu’il a cette mission, et qu’il se met directement en route, en pleine nuit : il agit, il ne réfléchit pas, ne se demande pas s’il serait mieux de partir le lendemain matin. De plus, il emmène son fils sans lui demander son avis, preuve encore une fois qu’il privilégie l’acte à la parole, qui lui serait bénéfique. 

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