Molloy

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Résumé

Molloy est un roman de l’écrivain, poète et dramaturgeirlandais Samuel Beckett publié en 1951, avant d’être traduit dans denombreuses langues au cours de la décennie (il paraît en France aux Éditions deMinuit). Molloy est le premier romand’une trilogie romanesque dont les œuvres suivantes sont Malone meurt et L’Innommable.

Molloy est rédigé en deux parties bien distinctescentrées sur deux personnages différents ; la première est consacrée àMolloy, la deuxième à Jacques Moran.

 

Est d’abord présenté le personnage éponyme, Molloy, quidécide de partir dans une quête de soi par l’écriture. Une tourmente l’habite ;Molloy ouvre ainsi la partie qui lui est consacrée par un monologue. Il parleseul et conte son histoire en débutant par ces mots : « Je suis dansla chambre de ma mère ».

Molloy est vieux, dur et solitaire. C’est un vagabond, ilest pauvre, sale et ne se souvient de rien. Il lui manque par ailleurs desdents, l’usage d’un œil, il est paralysé d’une jambe tandis que la seconden’est pas valide non plus ; physiquement c’est une sorte de monstre. Savie, il l’ignore, et il doit s’inventer une existence, un passé pour expliquerson propre présent. Il a eu une longue existence et de nombreuses expériencesavant d’arriver là où il en est. Il tente d’expliquer son passé. Cette façon deconter son histoire prend la forme de longs retours en arrière qui fourmillentde détails. Il raconte par exemple ses longs moments d’errance dans sa villed’origine et ses alentours, avant de partir, prenant de la distance avec sesracines, pour découvrir un peu le monde par lui même. Il fait des rencontres,plus ou moins importantes pour son expérience personnelle, mais apportant leurlot de surprises à chaque fois. Il explique aussi qu’il était parti à la quêtede sa mère. Il décrit ses forts liens avec elle, dit qu’il va souvent laretrouver : la preuve, c’est qu’il est dans sa chambre, à son chevet – maisl’on ne sait pas si elle est morte ou vivante. Il a besoin de sa mère car seul,il ne fait pas grand chose : « Oui, je travaille maintenant, un peucomme autrefois, seulement je ne sais plus travailler ». En parlant de samère, il décrit leur relation comme celle d’un vieux couple aux souvenirscommuns, tellement leur âge est proche. Sa mère est aveugle, mais il saitqu’elle peut ressentir sa présence.

Molloy veut rendre visite à sa mère alors qu’il se trouveà son chevet. Alors il quitte la maison et enfourche un vélo. Comme il enfreintle code de la route, il est arrêté par la police, puis relâché. Il renverse unchien, puis il rencontre sa maîtresse, madame Lousse, une veuve qui l’hébergeun moment chez elle avant qu’il ne reparte dans la campagne. Il s’arrêtebientôt dans une forêt, il s’avère incapable de continuer sa route, il ne peut paspédaler, et malgré des béquilles de fortune, il ne peut pas marcher nonplus : ses jambes ne peuvent le porter plus loin.

La narration ralentit et Molloy s’est assis pour conterson histoire, puis finit par ramper comme un animal ; très affamé, ilparvient à sortir de la forêt puis tombe dans un fossé. Le narrateur est sansrepères et ne sait même pas comment il est arrivé là où il est malgré sessouvenirs : ce n’est pas lui qui a fait tous les choix de sa vie, car seulil n’aurait pas réussi estime t-il : « Seul je ne serais pasarrivé ».

Enfin il explique qu’il veut faire ses adieux au monde etmourir : « Moi, je voudrais maintenant parler des choses qui merestent, faire mes adieux, finir de mourir », pour achever comme il convientson récit et sa vie par le même moyen.

 

La deuxième partie apparaît commeun deuxième récit. Le personnage principal devient l’agent Jacques Moran. Il seprésente d’emblée comme un homme plein de convictions, au caractère droit etinflexible, et affichant une certaine confiance en lui : il est en pleinepossession de ses moyens physiques. Il a été amené à mêler son existence àcelle de Molloy, bien que les deux récits soient séparés ; il doitretrouver le vieil homme. Il dit se lancer à la poursuite du vieillard surordre d’une autorité divine, ou presque. Cette figure aux allures de divinitéest appelée Youdi, son supérieur hiérarchique, dont les ordres sont transmispar Gaber, qui lui porte le message un dimanche soir. Il est très flatté de sevoir confier cette mission.

Moran rend visite au père Ambroise, prêtre de sa paroisse,et part avec son fils, à qui il dit de faire ses bagages, en pleine nuit. Ilélève son fils très durement, et lui autorise comme seul loisir la possessiond’un album de timbres. Il n’indique pas à la gouvernante la date de leurretour. Bien que son fils soit malade, victime de maux d’estomac, Moran leforce à manger, prend seulement sa température, fait même des plaisanteriesdéplacées, d’ordre scatologique.

Il se lance dans son enquête en débutant par la forêt.Moran incarne Molloy dans sa jeunesse, la partie active d’un personnage dontMolloy serait le pendant qui réfléchit. Moran est violent et vulgaire, fait denombreuses allusions sexuelles peu élégantes devant son fils qui l’accompagne.Au fil de l’enquête, Moran se demande ce qu’il devrait faire de Molloy, unefois qu’il l’aura trouvé.

Moran ressent peu à peu des douleurs aux genoux, jusqu’àce que l’une de ses jambes soit paralysée. Il s’assoit et donne de l’argent(quatre shillings et dix pence) à son fils, lui demandant d’acheter un vélodans la ville voisine à plusieurs miles. Son fils part, et un passant s’adresseà Moran, lui demandant du pain. Moran lui montre qu’il n’a rien. Puis un vieilhomme passe et lui demande si l’étranger précédent l’a dérangé. Moran le frappeà coups de bâton et le tue. Son fils revient au bout de trois jours avec unebicyclette. Il est épuisé mais Moran le force à repartir ; le fils pédaleet Moran est assis à l’arrière.

Ils arrivent à Ballyba et font une halte la nuit venue.Le lendemain matin, le fils de Moran est parti, sans doute parce qu’il n’enpouvait plus de son père ; il lui a laissé quelques shillings. Moranignore où il est et ne peut partir à sa poursuite. De plus, il doute du bien-fondéde sa mission. Le messager Gaber retrouve Moran et lui enjoint de rentrer chezlui, la mission étant terminée, mais il ne l’aide pas à repartir. Moran,handicapé par sa jambe, parvient à rejoindre son domicile au bout de nombreuxmois, au printemps. Il n’y retrouve pas son fils ; sa maison est délabrée.À la fin du roman, il ressemble à Molloy et marche avec des béquilles. 

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