Raboliot

par

Bourrel

Ce gendarme, ennemi de Raboliot, incarne tout ce que le braconnier abhorre : l'ordre établi, l'uniformité, les règles auxquelles il faut se plier. Quand il croise sa route pour la première fois, c'est une inimitié immédiate que ressent Raboliot. Pourtant, rien ne distingue spécialement ce gendarme semblable aux autres : « Qu'est-ce qu'elle avait d'extraordinaire cette figure ? [...] Les yeux ? Ils étaient clairs, d'un gris pâle et bleuté autant qu'il lui semblait de loin : eux aussi ils étaient pareils à bien d'autres. Le nez, d'un dessin ferme et sec, n'était point laid à regarder. Alors la moustache rousse ? [...] Non, c'était autre chose, qui ne tenait à aucun trait visible, qui venait du dedans de l'homme : une expression complexe, intense, presque agressive, d'obstination, de brutalité courageuse, de méchanceté involontaire. » Bourrel comprend immédiatement que Raboliot n'est pas un braconnier ordinaire. Lui, c'est l'incarnation de la loi, de l'ordre établi et républicain : « Je suis gendarme, tu entends ! Et je t'apprendrai si tu veux faire le mariolle ! J'ai les tribunaux derrière moi, peut-être ; avec la prison à la clef... la prison, tu entends, salaud ! ». Tel est Bourrel quand il menace un suspect. Or, pour Raboliot, tout ce qu'incarne Bourrel n'existe pas : lois, juges, règles, uniformes... Pour le gendarme, c'est un intolérable défi. Aussi va-t-il tout mettre en œuvre pour mettre la main sur le braconnier. Tout au long du roman, le lecteur assiste à la lutte acharnée entre les deux adversaires, lutte où la violence va crescendo : Bourrel abat Aïcha, la chienne de Raboliot, d'un coup de revolver. Puis Raboliot manque de fendre le crâne du gendarme au cours d'une embuscade. Bourrel parviendra à ses fins, à force de ruse et de patience, comme un chasseur, après un lent travail qui pousse Raboliot à...

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Dissertation à propos de Raboliot