Un cœur simple

par

Sa bonté : Un cœur simple et la servante qui devient une sainte.

La servante représente une exception au cœur de deux milieux brutaux par sa simplicité, son prosaïsme et son assiduité au travail ; toutes ses qualités, simples, en font un être à part. C’est grâce à sa simplicité d’esprit qu’elle se penche vers le mysticisme ; elle est le personnage qui parvient à s’élever par la bonté de son âme et si la fin de la nouvelle glisse vers le mysticisme (le perroquet est confondu avec l’Esprit Saint), c’est peut-être pour montrer la « sanctification » de cette âme.

Dès le début, Félicité est une bonne et fidèle servante pour sa maîtresse qui ne la mérite pas forcément ; elle s’occupe de Paul, Virginie, et même de Victor comme s’ils étaient ses propres enfants. Mais cette générosité s’accentue encore au fil de la nouvelle : « La bonté de son cœur se développa. Quand elle entendait dans la rue les tambours d’un régiment en marche, elle se mettait devant la porte avec une cruche de cidre, et offrait à boire aux soldats. Elle soigna des cholériques. Elle protégeait les Polonais… ».

Félicité semble s’occuper de tous à la manière d’une sainte, elle ne juge personne et elle aide les plus démunis : « Après les Polonais, ce fut le père Colmiche, un vieillard passant pour avoir fait des horreurs en 93. […] Les gamins le regardaient par les fentes du mur, et lui jetaient des cailloux […]. Elle lui procura du linge, tâcha de nettoyer son bouge, rêvait à l’établir dans le fournil, sans qu’il gênât Madame. Quand le cancer eut crevé, elle le pansa tous les jours, […] et le pauvre vieux, en bavant et en tremblant, la remerciait de sa voix éteinte, craignait de la perdre ; allongeait les mains dès qu’il la voyait s’éloigner. Il mourut ; elle fit dire une messe pour le repos de son âme. »

Félicité prend ainsi les allures d’une sainte aux sens multiples de ce terme. Nous sommes alors menés à revenir au sens de ce titre, Un cœur simple, qui laisse l’interprétation ouverte quant au sens à donner à la nouvelle. Félicité est-elle érigée en modèle pour sa bonté d’âme ? Ou faut-il simplement lire derrière ces lignes le sort pathétique d’une servante à l’esprit simple retracé pour toucher le lecteur et dénoncer sa condition de femme sans éducation et sans aucune chance de s’élever autrement qu’à travers un mysticisme naïf ?

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Sa bonté : Un cœur simple et la servante qui devient une sainte. >