Un mari idéal

par

Lady Gertrude Chiltern

L’épouse de Sir Chiltern a 27 ans. Elle incarne la femme moderne de l’ère victorienne : c’est une femme juste et vertueuse, éduquée et engagée de tout cœur dans la carrière politique de son mari. Elle colore la pièce de sentimentalisme ; l’idéal qu’elle s’est fait de son mari l’empêche d’accepter la sombre révélation de son passé frauduleux.

Tout au long de la pièce, son caractère se développe, surtout relativement au sujet de la vie conjugale et à la façon dont les épouses sont supposées aimer leurs maris. C’est Goring qui lui fait la leçon sur ces notions. Premièrement, à la fin de l’acte I, Gertrude fait à son époux un discours où elle révèle sa vision du mari idéal, de ce qu’elle espère qu’il devienne. Pour elle, le mari idéal est celui qui sert de modèle dans la société non seulement de par sa vie professionnelle, mais aussi familiale. Cet idéalisme qu’elle nourrit, sur un air de romance, l’empêche d’accepter son époux pour la personne qu’il est réellement, car l’image qu’elle s’est forgée de lui ne correspond pas à la réalité.

Finalement, Goring lui fait comprendre la différence entre sa fantaisie et la réalité : la femme amoureuse ne devrait pas mythifier son époux et au lieu de le réprimander, sa mission est de l’aider à corriger ses fautes. Goring lui fait également comprendre qu’en tant que personnalité publique renommée, Sir Chiltern vit principalement à travers le prisme de son intellect et non celui de ses émotions – comme elle l’espérait –, et il est donc important pour son épouse de le comprendre et de faire preuve d’indulgence envers lui. Cette leçon marque donc une maturation émotionnelle chez Lady Chiltern, dont le caractère passe de « fleur bleue » à « épouse raisonnable ». 

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