Un mari idéal

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Résumé

Acte I

 

La fête bat son plein à la résidence de Sir Robert Chiltern, riche et puissant politicien anglais des années 1890. Ce brillant quadragénaire, parangon de toutes les vertus, orateur brillant, jeune sous-secrétaire d’État promis au plus bel avenir, jouit d’une réputation sans tache. Son épouse, Lady Chiltern, l’aime et l’admire : il incarne le mari idéal, à la fois amant et modèle, incarnation parfaite de la morale, de la bonté, mais surtout de l’honnêteté. Jamais elle ne tolérerait un mari dont la vie comporterait ne fût-ce qu’une erreur, qu’une faute, propre à ternir l’éclat de sa perfection. Ce point de vue fait sourire le meilleur ami du couple, Lord Goring, aimable trentenaire oisif et charmant qui cultive l’art de la paresse et de la futilité. Ce dandy impeccable dissimule sa sensibilité et sa sagesse sous un brillant vernis fait d’esprit et de légèreté. Sa seule ambition est d’épouser celle qu’il aime, Mabel, sœur de Sir Robert.

Quelle n’est pas la consternation de Lady Chiltern quand Mrs Cheveley fait son apparition dans les salons de la fête. Cette intrigante est une ancienne condisciple dont elle garde un détestable souvenir. Lord Goring a en outre été brièvement fiancé à elle, et il est sorti de cette aventure non seulement le cœur brisé, mais encore sensiblement moins riche. Quant à Sir Robert, il va vite apprendre à la connaître : Mrs Cheveley possède la preuve – une lettre – que Sir Robert doit sa fortune et donc sa carrière à une indiscrétion, à la révélation d’un secret d’État. Elle le confronte au chantage suivant : qu’il soutienne le projet de creusement d’un canal en Argentine, et la lettre disparaîtra. Le projet en question est une escroquerie, et Sir Robert comptait bien s’y opposer le lendemain à la Chambre, mais devant la menace du scandale, il cède. En effet, jamais Lady Chiltern ne lui pardonnerait si elle apprenait qu’un jour son mari s’est rendu coupable d’une malversation, même si ce fut l’unique faute d’une vie sans défauts. Mrs Cheveley, non sans ironie, informe Lady Chiltern que son mari va soutenir le projet de canal argentin ; celle-ci, stupéfaite du changement d’opinion de Sir Robert, ne veut rien en croire. À la fin de la fête, Mabel Chiltern et Lord Goring trouvent une broche précieuse perdue par une invitée ; étrangement, Lord Goring la garde par-devers lui et insiste pour que Mabel l’avertisse si quelqu’un se présente afin de la récupérer.

 

Acte II

 

Le lendemain, Lord Goring a rejoint son ami Lord Robert à sa demeure londonienne. Il tente de le convaincre de ne pas céder au chantage de Mrs Cheveley : avouer sa faute à Lady Chiltern serait préférable à se rendre coupable d’une forfaiture. Sir Robert entend la voie de la droiture et décide de ne pas soutenir le projet. Le jeune dandy profite de sa présence chez les Chiltern pour faire un brin de cour à Mabel, mais surtout pour tenter de fléchir l’inflexible morale de Lady Chiltern : le pardon ne doit-il pas avoir une place dans la vie d’un couple ? Quand il a quitté les lieux, Mrs Cheveley se présente : elle a perdu une broche lors de la réception de la veille. Quand elle apprend que Sir Robert ne soutiendra pas le projet de canal, elle révèle tout à Lady Chiltern, en présence de Sir Robert, qui ne peut nier l’évidence. Outrée et déçue, Lady Chiltern blâme son mari devant Mrs Cheveley, ravie. Elle ne lui pardonnera pas. Sir Robert lui déclare alors que les hommes sont faillibles, et que le pardon devrait pouvoir être accordé par une femme amoureuse de son mari. Il quitte la scène, et Lady Chiltern reste seule, désemparée.

 

Acte III

 

Le rideau s’ouvre sur le salon de Lord Goring. Ce dernier reçoit une lettre de Lady Chiltern qui souhaite venir le voir, lui son ami et l’ami de son mari, pour lui demander conseil. Malheureusement, le texte de la brève missive pourrait être confondu avec celui d’une déclaration d’amour. Lord Goring attend donc Lady Chiltern, mais c’est Mrs Cheveley qui se présente. Le majordome, pensant qu’il s’agit de la dame que Lord Goring attend, la fait entrer dans un salon attenant. Arrive Sir Robert, qui cherche conseil auprès de son ami. Mrs Cheveley entend leur conversation, sans se montrer. Quand Sir Robert la surprend dans le salon, il en déduit que Lord Goring et elle entretiennent une liaison et il quitte les lieux furieux.

Mrs Cheveley, qui entretemps a trouvé la lettre de Lady Chiltern et s’en est emparée, fait une proposition à Lord Goring : qu’il l’épouse, et elle détruira la lettre incriminant Sir Robert. Le dandy refuse, et piège l’intrigante : il lui montre la broche, qu’elle reconnaît avoir perdue, et il lui révèle que cette même broche a été volée autrefois chez une sienne cousine, et qu’il tient la coupable – Mrs Cheveley – à sa merci. Il va appeler la police, à moins que Mrs Cheveley ne lui remette la lettre de Sir Robert. Elle s’exécute, et Lord Goring brûle la lettre. Mais Mrs Cheveley triomphe quand elle apprend à Lord Goring qu’elle a en sa possession la lettre de Lady Chiltern, et qu’elle va l’envoyer à Sir Robert, faisant ainsi croire à une liaison entre Lady Chiltern et Lord Goring. Sur ces mots, elle quitte la scène.

 

Acte IV

 

Le lendemain matin, de retour à la résidence des Chiltern, Lord Goring flirte avec Mabel, et il lui déclare son amour. La pétillante jeune femme accepte d’épouser le dandy. Survient le solennel Lord Caversham, père de Lord Goring, qui apprend à son fils que la veille, au cours d’une séance historique à la Chambre, Sir Robert a dénoncé le projet de canal argentin comme une escroquerie. Son discours restera dans les annales, dit-il. Lord Goring est soulagé : son honnête ami n’a pas cédé au chantage. Entre Lady Chiltern ; Lord Goring l’informe du sort de sa lettre, maintenant entre les mains de Mrs Cheveley. La perfide n’a pas tardé à l’envoyer, puisque Sir Robert paraît, la lettre à la main. Or, il pense que cette lettre de sa femme s’adresse à lui, et qu’elle lui exprime son pardon. Lady Chiltern et Sir Robert sont réconciliés, et l’épouse demande au mari de renoncer à sa carrière politique, ce à quoi Sir Robert consent. Devant l’ampleur du sacrifice consenti, Lord Goring convainc Lady Chiltern de ne pas exiger cela de Sir Robert. Lord Goring demande alors la main de Mabel à Sir Robert. Stupeur : il refuse ! Il s’explique : il ne peut accorder la main de sa sœur à un homme qui entretient une liaison avec une femme, qui plus est avec Mrs Cheveley. Il faut donc révéler que c’est Lady Chiltern qui aurait dû se trouver chez Lord Goring la veille au soir, ce qui constitue un rude manquement aux lois de la bienséance victorienne. De plus, Lady Chiltern se voit obligée d’avouer que sa lettre n’était pas une lettre de pardon adressée à son mari, et qu’elle vient de mentir par omission. Lady Chiltern n’est pas parfaite non plus, après tout. Cependant, la réconciliation est générale : Mabel va épouser Lord Chiltern, Mrs Cheveley et ses manigances disparaissent à jamais, et tout est bien qui finit bien.

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