Un sac de billes

par

Joseph

Il s’agit du narrateur et de l’auteur de l’histoire. Lorsque le récit commence, il est âgé d’une dizaine d’années. Il vit avec ses parents et ses quatre frères et sœur dans le 18e arrondissement de Paris, Porte de Clignancourt. On ne peut pas dire que les frères Joffo ont des traits physiques bien particuliers ou distinctifs, bien au contraire, il semble, pour eux, qu’ils soient tout à fait comme tout le monde, contrairement à ce que les affiches de propagande antijuive veulent faire croire.

         L’enfance de Joseph est des plus insouciantes avant que la guerre ne vienne perturber le quotidien de sa famille. Lui qui ne pensait qu’à s’amuser avec ses amis et son frère va devoir apprendre la vie à un âge où l’on joue encore aux billes sans avoir à se préoccuper de ce que vivent « les grands ». Maurice et lui sont envoyés par leur père rejoindre leurs frères à Menton, en « zone libre », ce qui les forcera tous deux à devenir plus matures ou du moins à apprendre à se débrouiller par eux-mêmes. Ce sera l’un des effets majeurs de cette guerre que de forcer ces enfants à grandir malgré eux, leur donnant certes une impression de liberté décuplée par le manque de tutelle, mais leur ôtant quelque chose d’infiniment précieux : une certaine part de l’insouciance propre à l’enfance.

         L’auteur est adulte lorsqu’il écrit mais il parvient à raconter comme s’il était de nouveau cet enfant : on peut donc sentir, au fur et à mesure de l’aventure, cet enfant grandir, oublier et perdre l’envie de jouer comme il le faisait avant la guerre. L’idée qu’il ressortira changé de celle-ci n’est pas exposée dès le début du roman mais s’impose au narrateur alors que la guerre touche à sa fin. Le récit le fait comprendre à demi-mot au fur et à mesure que les enfants passent de ville en ville. Psychologiquement, Joseph évolue : il passe du petit enfant qui fait sagement ses devoirs à l’école au jeune garçon qui gagne sa vie en participant au marché noir. Malgré cette évolution du personnage, celui-ci ne se départit jamais de son analyse enfantine des événements, ni même de son humour. 

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