1984

par

Fonctionnement du totalitarisme

La vie organisée par le Parti est structurée de manière à abolir tout bonheur véritable, c’est-à-dire tout bonheur ayant une origine humaine, car il pourrait constituer une source de la ruine du régime de Big Brother. Ainsi, le plaisir sexuel est strictement interdit : l’acte charnel est uniquement réservé à la procréation, pour contribuer à bannir tout sentiment de félicité. Il est à plus forte raison interdit en dehors du mariage.

Autre exemple, la disparition de tout lien familial ou social : chacun est considéré comme un « camarade » de Big Brother. Les amis et la famille n’existent pas et l’on ne se gêne pas pour dénoncer un proche si celui-ci trahit le pouvoir : il n’y a plus de lien social, aucun sentiment, aucune proximité, ni amitié ni amour. Chacun vit pour soi, et pour Big Brother, ce qui a pour conséquence que chacun a comme une relation unique et exclusive à Big Brother, qui exclut toute autre relation privilégiée.

Les seuls bonheurs que peuvent ressentir et exprimer les habitants sont les satisfactions artificielles fournies par le Parti, celles obtenues par la consommation de nourritures spécifiques (par exemple : Le Gin de la Victoire, seul alcool permis et à des moments précis), par l’écoute de bonnes nouvelles via le télécran ou par le culte sans limite de la personnalité de Big Brother. De plus, le Parti voue un culte à la guerre, réelle ou supposée, afin que les habitants soient fiers d’appartenir à cette patrie et ressentent une haine envers les « ennemis », qui vivent dans un autre système totalitaire, d’où les deux minutes de haine chaque soir et la propagande dans les médias. Winston exècre ce moment : « L’horrible, dans ces Deux Minutes de la Haine, était, non qu’on fût obligé d’y jouer un rôle, mais que l’on ne pouvait, au contraire, éviter de s’y joindre. Au bout de trente secondes, toute feinte, toute dérobade devenait inutile. Une hideuse extase, faite de frayeur et de rancune, un désir de tuer, de torturer, d’écraser des visages sous un marteau, semblait se répandre dans l’assistance comme un courant électrique et transformer chacun, même contre sa volonté, en un fou vociférant et grimaçant. Mais la rage que ressentait chacun était une émotion abstraite, indirecte, que l’on pouvait tourner d’un objet vers un autre comme la flamme d’un photophore. » Ce totalitarisme est aussi bien physique que mental : chacun exerce un métier épuisant, laissant peu de place à la réflexion.

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