A l’ouest rien de nouveau

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La perte de l’innocence

Le roman, en plus de peindre un tableau réaliste de la guerre, raconte également l’évolution mentale forcée que subissent les jeunes gens enrôlés. En effet, on voit que la vision de l’âge adulte et de ses rites de passage se modifie au fur et à mesure de l’avancée du roman. Tout d’abord, ces jeunes gens pensent que s’enrôler pour une « noble cause » qu’est la guerre, qui leur apportera « gloire et honneur », est une étape supplémentaire vers l’âge adulte. C’est effectivement le cas, puisque tous seront forcés de grandir prématurément ; cependant, cette transformation ne se fait pas de la manière souhaitée : ce n’est pas en acquérant force et courage qu’ils grandissent, mais parce qu’ils sont confrontés directement à des horreurs qu’ils ne pensaient jamais connaître, et parce qu’ils ont acquis une certaine lucidité sur ce qu’est réellement la guerre, doublée d’un fort sentiment de trahison à l’égard de Kantorek, qui leur avait fait miroiter des rêves de grandeur qui ne correspondent finalement à rien de concret.

La perte de l’innocence passe donc premièrement par la découverte d’une vérité dissimulée et l’éclatement de ce qui semblait être un rêve d’enfant commun à tous. De plus, on peut voir que les motivations des jeunes soldats changent petit à petit ; prenons la figure de Leer, l’un des jeunes du groupe. Il est admiré par tous ses camarades parce qu’il est le premier à avoir eu une expérience sexuelle avec une femme. Ce sont là les préoccupations naturelles de jeunes hommes à peine sortis de l’adolescence – Paul a dix-neuf ans lorsqu’il s’engage dans l’armée, et tout le groupe de jeunes lycéens n’a guère plus de dix-huit ans au début de l’histoire.  Cependant, cet appétit charnel, cette...

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