A l’ouest rien de nouveau

par

Un roman pacifiste

Malgré le blâme jeté sur la guerre par l’auteur, son roman n’en reste pas moins exempt de tout portrait à charge, de tout message politique, de toute polémique. Ce n’est pas non plus un roman guerrier, d’aventures : les personnages ne sont pas des héros mais des êtres tourmentés, livrés aux vicissitudes de la guerre. Ils ne sont en rien maîtres de leur destin, sont perdus dans un combat qu’ils ne comprennent plus, et sont devenus totalement dépendants de la guerre, n’ayant plus aucune attache tangible à laquelle se raccrocher. Ce roman n’a pas non plus pour but de dénoncer les conditions de vie dans lesquelles vivaient les soldats : en effet, on entend à peine le narrateur évoquer les rébellions qui grondaient au sein des tranchées parmi les soldats, et le seul cas de désertion narrée est celui de Detering, qui souffrait d’un profond mal du pays.

Ainsi, l’unique dessein de Remarque est de dénoncer la guerre, sa violence, et de lancer un appel désespéré en faveur de la paix. L’auteur nous montre que lui-même, en tant qu’ancien soldat, désire oublier qu’il a un jour combattu des Français qualifiés d’ennemis, car un soldat, quelle que soit sa nationalité, reste un homme. Il nous montre que cette guerre a fait s’affronter et se tuer non pas des personnes entraînées au combat, des soldats, mais des hommes sensibles, de chair et d’os. Il redonne une humanité à ces soldats trop souvent oubliés et considérés comme étant sans états d’âme. Mais à travers ces personnages insouciants que sont Paul et ses amis au début du livre, il montre que, français ou allemand, un soldat n’est rien de moins, au départ, qu’un jeune homme désireux d’entrer dans la vie. Au fur et à mesure que le conflit déshumanise ces personnages, le paradoxe apparaît encore...

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