A la recherche du temps perdu

par

La mémoire des Hommes

On ne peut véritablement plonger dans les paradis perdus des souvenirs, revivre ces instants merveilleux sans faire appel à la mémoire – une mémoire à laquelle l’auteur fait appel tout au long de son roman et dont il fait une analyse intéressante. En effet, pour Proust, la mémoire n’est pas un fonds inaltérable d’où les souvenirs sont puisés par tous avec la même aisance.

D’abord Proust affirme que tous les hommes ne sont pas dotés des mêmes facultés de mémoire ; certains ont de bien plus grandes capacités que d’autres à cet égard. Il sépare nettement les notions de passé ou d’histoire, de la notion de mémoire, car la mémoire étant un attribut de l’esprit humain, elle est sujette à des altérations chez chaque individu.

Ainsi, le temps peut émousser les souvenirs en faisant paraître des gens qu’on a connus par le passé comme des êtres différents conçus pour des fins nouvelles. Le temps exerce donc une altération progressive qui atteint les souvenirs emmagasinés tandis que la plus grande menace à l’intégrité de la mémoire vient de l’esprit lui-même :

« Mais même à égalité de mémoire, deux personnes ne se souviennent pas des mêmes choses. L’une aura prêté peu d’attention à un fait dont l’autre gardera grand remords, et, en revanche, aura saisi à la volée comme signe sympathique et caractéristique une parole que l’autre aura laissé échapper sans presque y penser [...] Enfin, un intérêt plus profond, plus désintéressé, diversifie les mémoires, si bien que le poète, qui a presque tout oublié des faits qu’on lui rappelle, retient une...

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