Contes à l'envers

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Écart avec la norme et grotesque

L'originalité du conte réside dans la manière qu'a le roi de régler ses soucis. Au lieu de tenter de faire avec, il tente d’en faire la norme. On peut voir là une critique de notre société extrêmement conformiste qui ne tolère pas les personnalités sortant du moule. C'est ainsi que la population devra tout d'abord apprendre à marcher à reculons, menacée de pendaison, puis à marcher sur les mains.

Les noms cités à travers le texte participent à son originalité : le roi Livarot, qui porte un nom de fromage, apparaît peu crédible en tant que souverain ; la reine Aubergine porte quant à elle un nom peu flatteur, puisqu'on ne peut le lire sans penser à un autre légume, la courge, qui peut désigner une personne peu perspicace. Enfin, la princesse Chouette ne doit son nom qu'à des acclamations, ce qui démontre un certain manque d'originalité – et de lucidité – de la part de ses parents. Quant aux noms des lieux, ils sont aussi le lieu de jeux de mots : en effet, une frasque (ici la ville de Frask) est un « écart de conduite », et en effet, la conduite de François Luné s’écarte de la norme. Le jeu de mot autour de « Boursoulavie » se passe d'explications.

Le cadre apparaît donc aussi grotesque que les choix du souverain. La tentative des médecins de guérir un homme différent peut rappeler la guerre menée aux gauchers qui faisait encore rage en France il y a quelques décennies à peine. Le choix du roi, qui embrasse un autre...

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