Cromwell

par

Acte V : Les ouvriers

Des ouvriers préparent lagrande salle de Westminster pour le couronnement du roi. Puis arrivent les fousqui se disputent. Enfin on voit passer Lambert et les puritains vêtus de capesblanches sous lesquelles s’agitent des dagues. En effet, Cromwell a arrêté legroupe de Lord Ormond mais pas celui de Lambert.

         Arrive la grande cérémonie. La foule suit Cromwell etcommente son apparence. Le moment tant attendu est enfin arrivé : lecouronnement. Le général Lambert s’approche, muni d’une couronne, tandisqu’Overton, un puritain participant au complot, se prépare à frapper Cromwell avec un poignard au moment oùcelui-ci prendra la couronne. C’est alors que Cromwell, flairant le danger, selance dans un long monologue de plainte et de souffrance, au cours duquel, aufinal, il déclare préférer rester le « bon vieux général Cromwell »plutôt que de se lancer dans la politique. Il refuse ainsi la couronne et lesceptre, au grand dam de ses ennemis, qu’il fait ensuite arrêter.

         Cependant, il les gracie tous, il annule leur peine de mortet leur offre la liberté – même à Davenant – tant il ne les craint pas ettrouve leur « complot d’enfants » ridicule. Il propose ensuite à sonfils Richard Cromwell de devenir colonel dans son armée, mais ce dernierrefuse, préférant le divertissement à la gloire militaire. Mécontent, Cromwellle congédie, cette scène atteignant ainsi le comble du « grotesque »,qui contraste avec le « sublime » du père, formant ainsi ce mélangedes genres que Hugo mettait en avant dans sa préface : unir ces genresopposés revient à exprimer l’homme tout entier.

         Enfin Carr se résigne à la prison plutôt que d’accepter lagrâce offerte par Cromwell, et un certain Syndercomb, un puritain qui se trouvaitêtre à la taverne des Trois-Grues au début de la pièce, tente d’assassinerCromwell devant la foule. Cromwell ne fait rien pour l’arrêter, et c’est lafoule furieuse qui s’empare de Syndercomb et l’empêche de commettre le crime.Devenu martyr aux yeux de tous, Cromwell en ressort grandi. « Nos effortsn’ont servi qu’à le placer plus haut ! » dit Overton. La pièce setermine sur cette célèbre phrase de Cromwell, rêveur : « Quand doncserai-je roi ? ».

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