Cromwell

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Résumé

Cromwelldébutesur une célèbre préface d’une longueur considérable. D’emblée Hugo y tire un trait sur ce qui constitue l’objet habitueld’une préface : il ne veut pas entreprendre ici « l’attaque ou ladéfense de son livre », ni « prétendre écrire un réquisitoire ni unplaidoyer ». Sa préface « se bornera à des considérations généralessur l’art ».

Puisil se livre à une division de l’histoire littéraire, en distinguant successivementles temps primitifs, antiques et modernes. Il décrit les temps primitifs, l’âgedu lyrisme, comme la naissance de la poésie, l’ode qui les retrace étant selonlui la Genèse ; ensuite les temps antiques sont l’apogée de l’épopée, dumonumental (il cite entre autres Homère, Euripide et Eschyle) ; puisarrivent les temps modernes avec la fin du paganisme et la naissance duchristianisme, lequel pousse à s’interroger sur l’art, la vie, la mort, ethausse l’humanité à une vision « plus haute et plus large ». Ilinsiste sur la naissance d’un nouveau type séparant la littérature antique dela littérature romantique, le grotesque : « la muse moderne verrales choses d’un coup d’œil plus haut et plus large. Elle sentira que tout dansla création n’est pas humainement beau, que le laid y existe à côté du beau, ledifforme près du gracieux, le grotesque au revers du sublime, le mal avec lebien, l’ombre avec la lumière. » Selon lui c’est le grotesquequi permet à l’art de s’approcher davantage de la vérité.

Hugodécrit ensuite la structure des pièces de théâtre de l’art antique, quiobéissent à l’unité de lieu (la scène de théâtre ne doit représenter qu’un seullieu), l’unité de temps (la pièce ne doit durer que vingt-quatre heures) et l’unitéd’action (tout doit être centré sur l’intrigue principale, il ne doit pas yavoir d’intrigues secondaires dont l’utilité n’est pas justifiée par l’intrigueprincipale). Partant de cette base, il développe une théorie du drame :l’homme est constitué de deux aspects, son enveloppe charnelle périssable etéthérée, et son âme éternelle. Cette dualité implique selon Hugo un mélange desgenres afin d’approcher au mieux, par la littérature, ce qu’est l’homme. Ledrame tel qu’il le conçoit doit mêler le grotesque au sublime, abandonner lesunités de lieu et de temps, car elles imposent des règles artificielles quidénaturent la vraisemblance de l’œuvre.

Hugotermine en parlant de la naissance du mouvement qu’il décrit, le romantisme,qui « commence à pousser […] sous les branches desséchées del’ancienne école ». En effet, l’ancienne école, le classicisme, estsur le déclin, et le XIXe siècle sera l’apogée du romantisme,véhiculé par Hugo comme Musset et bien d’autres. Selon lui, la critique ne doitplus évaluer les œuvres suivant les règles imposées par l’art antique, mais selonleur beauté intrinsèque, au-delà de toutes règles. Les règles sont faites pourrechercher la perfection, mais la beauté ne peut être atteinte que grâce auxdéfauts : « les défauts, du moins ce que nous nommons ainsi, sontla condition native, nécessaire, fatale, des qualités. »

                    

Lapièce est centrée sur le personnage d’Oliver Cromwell, un Lord d’Angleterre du XVIIe siècle ayantréellement existé. Cette pièce étant très fournie en détails historiques, endécors, en personnages et comportant beaucoup trop de scènes, elle ne serajamais jouée de son vivant. Cependant, l’objectif de cette pièce était avanttout de matérialiser en une œuvre du moins écrite la théorie du drame de Hugo.

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