Enfance

par

Le narrateur

Le narrateur se prénomme Nikolenka Irtenev, que nous appellerons Nicolas en langue française. Notons la consonance évidente entre ce prénom et le prénom originel de l’auteur : Nikolaïevitch.

Nicolas est un jeune garçon qui vit dans la campagne russe dans les années 1830 (même époque que l’enfance de l’auteur) dans une famille aisée, voire noble de la Russie du XIXe siècle. Il y vit avec sa famille, dont son frère Volodia et ses jolies petites sœurs : « À gauche du divan, était un vieux piano anglais, à queue ; devant le piano était assise ma sœur, une petite brune, au visage basané, Lubotchka, qui, de ses petits doigts rouges, tout frais lavés à l’eau froide, avec une attention très marquée, s’évertuait sur une étude de Clémenti. Elle avait onze ans, elle portait une robe courte en guigan et des petits pantalons blancs à dentelle ; et elle ne pouvait encore prendre l’octave qu’“arpeggio”. » La famille a aussi des domestiques (une gouvernante et un précepteur notamment). La famille vit simplement, se trouve très bien dans les propriétés de son domaine ; les enfants chassent, grandissent et apprennent, ils rencontrent des gens et jouent, ils vont à des bals, comme des enfants normaux et épanouis.

Nicolas est heureux et résume une partie de son enfance et de son éducation ainsi : « Nous grandissions entourés de tous côtés par un solide rempart de gouvernantes anglaises et de précepteurs, et dans ces conditions, il était facile à nos parents de suivre chacun de nos pas et d’orienter notre vie à leur guise, […] d’autant plus qu’ils avaient des vue identiques sur notre éducation… ». Il révèle ainsi que les enfants étaient surveillés de près, que les gouvernantes s’occupaient beaucoup d’eux, que leur apprentissage était facilité par la qualité des précepteurs, et que leurs parents s’intéressaient à cette éducation, dont ils avaient la même idée. Cela semble être un cadre plutôt heureux.

L’évolution du narrateur aboutit à une sorte de bilan irrévocable : à la fin de la nouvelle, il revoit avec regret et nostalgie son passé comme une époque révolue pour toujours et qu’il n’aura plus qu’en souvenirs : « Reviendront-ils encore jamais, cette fraîcheur, cette insouciance, ce désir d’amour et cette foi puissante qu’on a dans l’enfance ? Quel temps meilleur que celui où les deux plus excellentes vertus, la gaieté naïve et la soif d’un amour éperdu sont les uniques raisons de vivre ?
Où sont ces prières ardentes ? Où est ce précieux don des larmes d’une émotion pure ? L’ange consolateur venait et les essuyait avec un sourire. Il soufflait de doux rêves à l’imagination de l’enfant immaculé.
La vie a donc laissé des traces si pénibles dans mon cœur que ces larmes et ces émotions aient disparu à jamais ? Il ne m’est donc resté que des souvenirs ? » L’auteur sera toujours hanté par son enfance, toute sa vie, malgré les passions qu’il pourra vivre dans sa vie d’adulte. Il s’agit d’un monde perdu à jamais. 

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