Enfance

par

Un monde adulte perçu par un enfant

Le monde de l’enfance, à l’époque de Tolstoï et de la rédaction de cette nouvelle, n’était pas quelque chose de familier, ni dans la société, et encore moins en littérature. Ainsi, la représentation du monde vu des yeux d’un enfant peut surprendre ; elle est originale pour son temps. Tolstoï ayant écrit cette nouvelle jeune, il a alors encore en tête toute la vision du monde de l’enfance, peut-être davantage que celle d’un adulte, qu’il est depuis peu.

Le narrateur, adulte au moment où il narre les faits, évoque la vision qu’il avait du monde adulte quand il n’était encore qu’enfant, et analyse aussi la différence entre sa vision et la réalité dans laquelle il se trouve. On retrouve chez l’enfant un sentiment de fascination mêlé de crainte qui rend complexes les liens qu’il entretient avec les adultes, que ce soit ses parents ou les domestiques ; en effet, on y retrouve un mélange de besoins affectifs, ainsi que la volonté d’imitation des adultes qu’il trouve parfaits.

 

Par exemple, Nicolas aime profondément sa mère et parle d’elle avec une infinie tendresse car elle le rassurait : « si, dans les moments pénibles de ma vie, j’avais pu reposer quelques instants mes yeux sur ce sourire, je n’aurais jamais connu l’affliction ». Il avait une relation quasi fusionnelle avec elle, elle représente un repère pour lui.

 

Cependant, il n’en oublie pas les mouvements d’humeur que pouvait avoir son précepteur : il se plaint du fait qu’il n’hésite pas à le déranger lui et non Volodia, car il est le plus jeune : « “C’est vrai”, pensais-je, “que je suis petit, mais pourquoi me dérange-t-il ? Pourquoi ne va-t-il pas tuer les mouches au-dessus du lit de Volodia ? Il y en a pourtant pas mal ! Mais non, Volodia est plus grand que moi, je suis le plus petit de tous : c’est pour cela qu’il me tourmente. Il passe toute sa vie”, murmurais-je, “à chercher ce qu’il pourrait me faire de désagréable. Il voit très bien qu’il m’a réveillé et qu’il m’a fait peur, mais il fait semblant de ne pas s’en apercevoir… le méchant homme ! Et sa robe de chambre, et sa calotte avec ce gland, comme c’est laid !” »

Notons aussi les relations parfois étranges qu’il observe entre sa mère et son père, ou encore la sévérité de Mimi leur gouvernante. 

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