Enfance

par

Une fiction à forte inspiration autobiographique.

La portée autobiographique de ce roman est premièrement frappante par la ressemblance des prénoms du personnage principal narrateur et de l’auteur : Nikolaïevitch et Nikolenka ayant évidemment une racine identique.

Le narrateur, au moment de l’énonciation, est devenu adulte, tout comme Tolstoï qui rédigea cette nouvelle à l’âge de 23 ans. Le narrateur est donc devenu « grand », mais fait part de la vision qu’il avait de ce « monde des grands » quand il était plus jeune.

Tolstoï est né dans les campagnes russes, dans le domaine de Iasnaïa Poliana (dont il héritera à la mort de ses parents) signifiant littéralement « la clairière aux hêtres » : il a donc grandi à la campagne, tout comme le narrateur.

Tolstoï est né comte, dans une famille aisée, qui possède de nombreuses terres, tout comme le narrateur. L’auteur situe la fin de son enfance à l’année 1842 : il est alors âgé de 14 ans. On retrouve chez le narrateur la volonté de devenir grand le plus vite possible, et il veut souvent imiter le monde des adultes, devenir comme eux et quitter l’enfance.

Cette nouvelle est donc proche de l’autobiographie romancée ; Tolstoï publiera deux autres nouvelles dans cette série : Adolescence, puis Jeunesse.

L’auteur fait part de sa nostalgie lorsqu’il repense à ces premières périodes de son existence. Dans sa narration, il renforce le côté enfant du personnage par la vivacité de la voix du narrateur, la réflexion naïve de Nicolas, sa fraîcheur, sa perpétuelle découverte du monde.

Est étudié l’esprit du jeune homme qui évolue, qui s’est construit tout un univers, tout un imaginaire, son propre monde. On le surprend en pleine réflexion face à la mort de sa mère : « Tant de souvenirs du passé surgissent lorsqu’on essaye de ressusciter en imagination les traits d’un être aimé qu’on voit ceux-ci confusément à travers ces souvenirs comme à travers des larmes. Ce sont les larmes… de l’imagination. Lorsque je m’efforce de me rappeler ma mère telle qu’elle était à cette époque, je vois seulement ses yeux marrons, qui exprimaient toujours la même bonté et le même amour, un grain de beauté qu’elle avait sur le cou, un peu plus bas que l’endroit où bouclaient de petits cheveux, son étroit col blanc orné de broderies, sa main sèche et tendre qui me caressait si souvent, que si souvent je baisais ; mais l’expression d’ensemble m’échappe. » On peut rapprocher ce récit de l’expérience de la perte de ses parents par Tolstoï alors qu’il n’avait que 9 ans.

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