Germinal

par

Des amours à rebours des conventions

L’amour, qu’il soit envisagé comme sentiment ou comme acte physique, est un thème récurrent de l’œuvre. À côté de l’exemple d’un amour conventionnel, représenté par le couple d’ouvriers Maheu, il existe de nombreuses formes d’amour plus ou moins légitimes. L’adultère, que la société n’encourage pas généralement, se trouve accepté et pratiqué communément dans le monde ouvrier. Zola, à travers de nombreux exemples tout au long du roman, met l’accent sur le fait que les ouvriers semblent libres d’avoir des relations intimes avec qui ils le souhaitent, y compris en dehors des relations sentimentales conventionnelles. Mais c’est aussi le cas chez les bourgeois Hennebeau :

« Alors, M. Hennebeau ne bougea plus. Il regardait toujours le lit. Le long passé de souffrance se déroulait, son mariage avec cette femme, leur malentendu immédiat de cœur et de chair, les amants qu’elle avait eus sans qu’il s’en doutât, celui qu’il lui avait toléré pendant dix ans comme on tolère un goût immonde à une malade. »

Le triangle amoureux formé par la rivalité de Lantier et Chaval autour de Catherine est un des axes principaux du roman. La jeune Catherine, alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, devient la compagne de Chaval. On aurait bien du mal à qualifier cette union « d’amour », sentiment qui convient mieux pour décrire les sentiments qui naissent entre elle et Lantier au fil des pages. Mais elle se refuse à être la femme de deux hommes et à donner une suite à l’affection de celui qu’elle aime vraiment. Ce triangle amoureux maintient la tension tout au long du récit et ne trouve son dénouement qu’à la fin, dans la mine inondée. Les trois personnages, bloqués au fond du puits minier, se confrontent dans la violence. Chaval meurt tué par Lantier, Catherine se donne enfin à celui qui l’aime vraiment, mais meurt peu après.

    « Avons-nous été bêtes d’attendre si longtemps ! Tout de suite, j’aurais bien voulu de toi, et tu n’as pas compris, tu as boudé… Puis, tu te rappelles, chez nous, la nuit, quand nous ne dormions pas, le nez en l’air, à nous écouter respirer, avec la grosse envie de nous prendre ? »

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