Germinal

par

Exposition technique d’un monde souterrain

L’effortde documentation d’Émile Zola n’est pas uniquement remarquable dans le réalismede l’œuvre, le lecteur peut aussi aisément en juger par l’emploi du champlexical, parfois très technique, du monde de la mine. L’auteur donne ainsi unaperçu du monde de la mine tel qu’il était vers la fin du XIXesiècle.

    « Maintenant, la galerie de roulageétait boisée, des étais de chêne soutenaient le toit, faisaient à la rocheébouleuse une chemise de charpente, derrière laquelle on apercevait les lamesdes schistes, étincelants de mica, et la masse grossière des grès, ternes etrugueux. »

    Le lecteur est initié aux méthodes detravail dans les mines, apprend que le travail y était payé de façon journalièreet subdivisé en tâches spécifiques. Cette façon de procéder vise àdésolidariser les ouvriers dont certains ont de fait des salaires moinsimportants parce qu’on estime qu’ils se sont mal acquittés de telle ou telletâche.

    Zola expose donc un univers enfoui dans lesentrailles de la terre où les conditions de travail effroyables s’ajoutent àdes dangers constants, un monde où la pauvreté va progressivement donnernaissance à une cohésion sociale très forte. La rudesse du travail effectué etles nouvelles difficultés que leur fait subir le patronat font des mineurs ungroupe très soudé où la solidarité devient synonyme de survie. Ils prennent desmesures censées les soutenir dans la période particulièrement difficile qu’ilstraversent, se réunissent en un corps uni pour discuter de la conduite de lagrève, créent une caisse de prévoyance, adhèrent à l’Internationale et vontjusqu’à partager leurs maigres ressources avec ceux qui n’en ont plus.

« LorsqueÉtienne reparut, il avait, dans un torchon, une douzaine de pommes de terre,cuites et refroidies.

– Voilàtout ce que j’ai trouvé, dit-il.

Chez laMouquette, le pain manquait également : c’était son dîner qu’elle lui avait misde force dans ce torchon, en le baisant de tout son cœur.

– Merci,répondit-il à la Maheude qui lui offrait sa part. J’ai mangé là-bas.

Il mentait,il regardait d’un air sombre les enfants se jeter sur la nourriture. Le père etla mère, eux aussi, se retenaient, afin d’en laisser davantage. »

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