Germinal

par

Littérature et parlure

Émile Zola n’emprunte pas uniquement les détails, le cadre et le climat du monde de la mine à son roman ; dans son souci d’immerger le lecteur dans le récit, il sort de son registre de langue habituel pour écrire Germinal, où l’on rencontre des expressions peu sophistiquées qui relèvent davantage du langage d’un mineur que de celui du célèbre auteur. Zola dépouille son style des tournures qui l’enjolivent pour proposer au lecteur la langue du mineur. Il emploie donc assez souvent des mots comme « on », « ça », « c’est », ou des expressions toutes faites qui n’embellissent nullement le texte.

« Ça remonte au grand-père du grand-père, enfin on ne sait pas, tout au commencement, quand on a donné le premier coup de pioche là-bas, à Réquillart. »Ainsi parle la Maheude.

    C’est donc d’un style simple et parfois vulgaire que Zola se sert pour faire son portrait de la vie des mineurs et de la grève qu’ils mènent. Il n’hésite pas à rendre son vocabulaire aussi accessible, simple et même vulgaire que nécessaire, dans les dialogues, pour en faire un canal adéquat pour l’histoire qu’il rapporte. Il est probable que le caractère populaire du texte ait participé au succès du livre de Zola, même s’il lui a souvent été reproché, notamment après la parution de L’Assommoir ou de Pot-Bouille, par des critiques qui y percevaient un rabaissement du statut d’écrivain.

« Je viens d’apprendre qu’elle est allée ce matin mendier chez les bourgeois de la Piolaine, et Maigrat, qui leur avait refusé du pain, lui en a donné… On sait comment il se paie, Maigrat.

– Sur elle, oh ! non ! faudrait du courage… C’est sur Catherine qu’il en prend.

– Ah ! écoute donc, est-ce qu’elle n’a pas eu le toupet tout à l’heure de me dire qu’elle étranglerait Catherine, si elle y passait !… Comme si le grand Chaval, il y a beau temps, ne l’avait pas mise à cul sur le carin ! »

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