Germinal

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Résumé

Germinal est un roman d’Émile Zola paru en 1885. Il faitpartie du cycle de romans naturalistes des Rougon-Macquart. Zola y raconte lavie des mineurs dans le Nord de la France et leur révolte qui aboutira à unegrève contre leurs conditions de vie misérables.

 

PREMIÈREPARTIE

 

Leroman commence par décrire l’errance d’Étienne Lantier, qui va de ville enville à la recherche de travail. Il est machineur. Sa quête de travail touche àsa fin car l’alternative ultime s’approche de plus en plus précisément :soit il trouve un travail, soit il meurt de faim. Avant même d’atteindre laville de Montsou, dans le Nord de la France, ville qui sera le principal décordu roman, Étienne croise sur sa route des mineurs, qui lui décrivent leursconditions de vie. Parmi eux, il y a Bonnemort, surnommé ainsi car il a survécuà trois accidents dans la mine. Il est très sympathique et souffre d’une touxperpétuelle et violente, qui le fait littéralement cracher du charbon. Iltravaille à la mine depuis qu’il a huit ans, et compte bien continuer jusqu’àl’âge de soixante.

Lenarrateur quitte momentanément Lantier pour se concentrer sur la famille Maheu,famille de mineurs de Montsou. Bonnemort est le grand-père de la famille. Iltravaille de nuit, la famille travaille de jour. Leur vie n’est pas plus gaieque celle de Lantier : alors même qu’ils passent l’intégralité de leurexistence à travailler, ils n’ont pas assez d’argent pour manger à leur faim,et  vivent dans des conditionsmisérables. À la mine, Étienne cherche à savoir s’il y a du travail pour lui.Les Maheu le croisent et lui apprennent, avec tristesse, que non. Mais une foisdans la mine, les Maheu apprennent la mort d’une de leurs collègues, et ilsfont embaucher Lantier à sa place. Catherine, la fille aînée des Maheu, estdésignée pour aller rattraper Lantier avant qu’il ne quitte la ville. Lantierla prend pour un garçon.

Lantierprend ses fonctions et apprend alors plus précisément le fonctionnement de lamine, guidé par Maheu, le père de la famille. Il fait la connaissance deChaval, un ouvrier agressif et brutal. Dans la promiscuité des mines, Lantiersent les seins naissants de Catherine, et comprend qu’elle est une jeune femme.

Lenarrateur décrit en détail le travail à la mine, qui est insupportable.Catherine aide énormément Lantier à intégrer les mécanismes du métier. Chavalle déteste instinctivement. À la pause, Lantier apprend à Catherine qu’il a étélicencié des chemins de fer car il a giflé son chef. Il apprend aussi qu’ilenvoie, quand il le peut, de l’argent à sa mère, blanchisseuse à Paris (sa mèreest Gervaise Macquart, l’héroïne de L’Assommoir). Lantier tombe peu àpeu amoureux de Catherine. Chaval interrompt leur discussion en embrassantCatherine de force. Lantier est désormais persuadé que Chaval est le fiancé deCatherine, peu importe ce qu’elle en dit.

Lesouvriers se disputent avec les patrons, qui souhaitent qu’ils travaillentmieux, alors que les ouvriers sont contraints par les circonstances detravailler au plus vite. Les ouvriers sont scandalisés, et sont pris par desaccès de rage. Ils décident de s’arrêter de travailler une demi-heure plus tôt,mais on refuse de les remonter avant l’heure prévue. Catherine emmène Lantierdans un coin de paille pour, on le suppose, lui offrir ses faveurs, mais ils sefont surprendre avant d’avoir pu faire quoi que ce soit.

Lantierdécide intérieurement de repartir sur les routes car les mines lui sontinsupportables, d’autant plus que Chaval lui en veut car le groupe n’a pas été,par sa faute, assez productif en ce premier jour pour être payé entièrement.Après que Maheu l’a aidé à trouver une chambre à crédit, Lantier se résigne àrester en contemplant le coron : il veut aider les ouvriers dans leurlutte.

 

DEUXIÈMEPARTIE

 

Lenarrateur décrit la famille Grégoire, famille bourgeoise. Le père est lerentier de la mine. Le narrateur nous présente ses membres par une scène deréveil, qui fait contrepoint à la scène de réveil autrement moins douce qui avaitde même présenté les Maheu.

LaMaheude, mère de la famille Maheu, vient avec ses enfants demander la charitéchez les Grégoire. Nous assistons alors à une journée de la partie de lafamille Maheu qui ne travaille plus ou pas encore dans les mines.

Lapetite bande d’abord fait une sieste et se réchauffe chez les Grégoire, puisrepart à l’aventure. La Maheude essaie de faire céder l’épicier, Maigrat, pourqu’il lui fasse une faveur. Puis les Maheu retournent chez les Grégoire et laMaheude essaie d’obtenir cent sous de leur poche. Monsieur refuse. On lui donnemalgré tout une brioche pour ses enfants. Plus tard, elle retourne voir Maigratet le supplie si fort qu’il lui donne tout ce qu’elle veut, et lui prête mêmeun peu d’argent – en échange, il veut que ce soit Catherine qui vienne faireles commissions la prochaine fois.

LaMaheude rend visite à la mère Levaque, sa voisine. Elles discutent en buvant ducafé de l’avenir de Zacharie, fils aîné des Maheu, et Philomène, fille aînée desLevaque, qui couchent ensemble. Philomène est déjà tombée deux fois enceinte.Ils ne veulent cependant pas les marier. La discussion tourne ensuite aucommérage. 

Maheurentre. Il se réjouit de voir toutes les provisions. Il mange, se lave, faitl’amour à la Maheude. Les aînés ne rentrent pas, les époux Maheu s’inquiètentun peu..

Aprèss’être un peu reposé, Lantier va errer dans Montsou. Il croise essentiellementdes jeunes gens en train de batifoler, notamment Philomène qui prie Zacharie deforcer sa mère à les marier. Il assiste également au viol de Catherine parChaval.

 

TROISIÈMEPARTIE

 

Lantierse fait à la routine de la mine. Il se crée quelques inimitiés, par exemple cellede Zacharie, avec qui il manque de se battre. Il continue à suivre les jeunesamants pendant ses virées nocturnes. Lantier se laisse progressivement séduirepar des idéaux présyndicalistes. Il souhaite mettre en place une caisse desecours pour les ouvriers.

C’estjour de fête à Montsou, les mineurs ne travaillent pas, mais à la placeboivent, jouent, dansent, copulent. Lantier essaie de rallier autant de mineursque possible à sa cause. Maheu accepte, à condition que les autres acceptent.Lantier réussit à convaincre Chaval, qui semblait être le plus difficile àfaire plier. Chaval, par ailleurs, s’impose de plus en plus à Catherine, secomporte comme son fiancé (elle résiste passivement), et cela met Zacharie encolère.

Enaoût, Lantier s’installe chez les Maheu. Zacharie s’est marié avec Philomène,et ils ont obtenu un autre logement pour eux et leurs deux enfants. Lantier estd’abord surpris et ému par la promiscuité du corps nu de Catherine, puis ils’habitue.

Lenarrateur restitue les vifs débats des ouvriers qui n’arrivent pas encore àcanaliser leur désir de révolte. Peu à peu, Lantier devient une sorte de leaderpolitique, il gagne en notoriété et en coquetterie. Peu après, la Compagnie desmines diminue le salaire déjà très bas des mineurs. Lantier veut que lesouvriers se mettent en grève, mais ceux-ci sont réticents. La Compagniecommence à faire pression sur les ouvriers qui fréquentent Lantier ;ceux-ci reçoivent une paye ridicule qui ne leur permettra pas de survivre trèslongtemps. Les ouvriers se mettent d’accord pour faire une grève.

Lesmineurs attendent leur heure en silence. Accident dans la mine : unouvrier meurt, et Jeanlin, l’un des fils Maheu, devient boiteux. Les Maheu, au plusbas dans leurs finances, sont à bout de nerfs.

 

QUATRIÈMEPARTIE

 

Lagrève éclate. Les mineurs vont chez les Hennebeau, le mari étant le directeursalarié de la mine de Montsou. Les Hennebeau sont aveugles et ne comprennentrien à la situation. Ils essaient vainement de sauver la face en ne changeantrien de leurs rituels bourgeois.

Maheuest désigné comme porte-parole, car c’est le meilleur ouvrier, le plus fiable,le plus aimé. Il formule sincèrement ce qui ne va pas à M. Hennebeau, quilaisse alors entendre que les ouvriers se sont laissé manipuler par des révolutionnaires,et Lantier s’engage dans une grande joute verbale. La situation n’évolue pas.

Deuxsemaines passent. Les mineurs n’abandonnent pas, mais ils ont faim. Maheu,ennuyé par l’oisiveté, part à la pêche. La Maheude se plaint du départ brutalde Catherine. Catherine revient offrir du café et du sucre à sa famille, ets’excuse en expliquant qu’elle n’est pas libre de ses mouvements, mais Chavalla surprend et la brutalise. Lantier défend Catherine, Chaval part avec elle.Lantier commence à douter que les ouvriers puissent l’emporter sur laCompagnie. Après réflexion, il se convainc qu’ils peuvent l’emporter àcondition qu’ils adhèrent massivement à l’Internationale. Il organise uneréunion privée.

Laréunion privée a lieu. Les ouvriers adhérent en masse à l’Internationale. Lesgendarmes essaient de l’interrompre, mais il est trop tard.

Celafait maintenant un mois que la grève est entamée. L’Internationale a été d’uneaide très relative. La rumeur court selon laquelle la Compagnie serait prête àdiscuter. De leur côté, les femmes de Montsou font une expédition chez Maigrat,mais en vain. Lantier trouve quelques pommes de terre pour les Maheu, et leurapprend avec tristesse que la Compagnie a décidé une grande partie des ouvriersà retourner au travail, et menacent de licencier les grévistes les plusconvaincus.

Lantieret Maheu organisent une réunion privée dans la forêt pour remonter le moral destroupes. La réunion est efficace. L’esprit de communauté cependant semble déjàbien meurtri : on sait qu’il y a des traîtres dans l’assemblée etl’ambiance est à la suspicion. On provoque Chaval car il semble continuer àtravailler dans une autre mine, à Jean-Bart. Par orgueil, il proclame la grèvede Jean-Bart, et tous les ouvriers de Montsou décident de s’y rendre.

 

CINQUIÈMEPARTIE

 

Lematin qui suit, Chaval se rend en premier à Jean-Bart et tâche de convaincreses collègues d’imiter les mineurs de Montsou. Catherine souhaite travailler endépit de tout car Chaval ne lui paie rien. M. Deneulin, directeur de la mine deJean-Bart, intervient. Il ne comprend pas ces revendications car il n’a pas baisséles salaires comme à Montsou. Il explique posément que leur travail mériteraitun meilleur salaire, mais qu’il ne peut pas leur donner d’augmentation. CommeChaval s’entête, il le laisse faire. Une partie des ouvriers va au travail, uneautre fait grève. Chaval et Catherine font partie des premiers à retournertravailler. Catherine est épuisée, et Chaval la force à travailler malgré tout.Elle finit nue (elle enlève progressivement tout ses habits car elle a tropchaud), humiliée (ses collègues en profitent pour faire des remarquesgrivoises) et s’évanouit. Chaval à ce moment devient attentionné et doux. Alorsqu’ils retournent au travail, il est dit que les mineurs de Montsou sont entrain de couper les câbles qui permettent de remonter, et qu’il faut sortir auplus vite. Dans la ruée, Catherine s’évanouit à nouveau, mais elle réussitmalgré tout à sortir.

Parun retour en arrière de la narration, on assiste à la même scène, mais du pointde vue des ouvriers de Montsou, qui débarquent, essaient de négocier avec M.Deneulin et décident, dans un accès de colère, de couper les câbles, malgré lerefus de Lantier. Lantier est hors de lui quand il voit Chaval et Catherinesortir de la mine. Les ouvriers de Montsou emportent Chaval et Catherine. Lecalme étant revenu à Jean-Bart, M. Deneulin fait le bilan des dégâts, etconclut qu’il va faire faillite.

Latroupe de Montsou fonce vers les mines des alentours. Ils persécutent Chaval,et Catherine choisit de rester pour lui, alors que Lantier et son père luiordonnent de partir. Ils traversent plusieurs mines, de plus en plus enragés,détruisent tout sur leur passage. Bientôt ils veulent du pain, et vont enréclamer à qui en a. Chaval à ce moment refuse de rentrer dans leur jeu etLantier s’apprête à le tuer. Catherine l’en empêche. Lantier laisse Chavalfuir. Après cet épisode extrême, la troupe décide de retourner réclamer du painà Montsou.

Tandisque M. Hennebeau découvre que sa femme le trompe, les ouvriers entrent dansMontsou. Ils sont défigurés par la colère et la faim. Arrivés devant chez lui,ils scandent à en perdre haleine : « Du pain ! Du pain ! Dupain ! ».

Lantiercommence à douter du bien-fondé de cette ruée, mais il s’engage à resterjusqu’au bout avec la troupe. Il essaie de les canaliser. Maigrat vientdemander de l’aide à M. Hennebeau, qui le renvoie chez lui. Les femmeshumilient Cécile, la jeune fille des Grégoire, en la déshabillant de force.Pour faire diversion, Lantier crie qu’il faut aller chez Maigrat pour avoir dupain. Maigrat essaie de s’enfuir par le toit, mais il tombe. Sa tête s’éclateau sol. Les femmes le frappent, lui font manger de la terre, lui arrachent lesexe. Les gendarmes arrivent.

 

SIXIÈMEPARTIE

 

L’arméesurveille les mines. Maheu se fait licencier. Lantier, désespéré, vit caché etpasse ses journées à ruminer dans le noir.

Maheuet ses voisins se querellent violemment, sans raison réelle. On sent que lafatigue et la faim l’emportent. Lantier sort de sa cachette. La rumeur courtque des ouvriers belges ont été appelés pour faire le travail à la mine. Maheuhésite à retourner travailler, la Maheude l’insulte. Alzire, une des fillesMaheu, meurt de faim.

C’estChaval qui est à la tête des ouvriers belges. Il se bat contre Étienne. Étienneprend le dessus laborieusement. Tout à coup, Chaval sort un couteau. Catherineparvient à le désarmer. Étienne ordonne à Chaval de disparaître. Catherine lesuit, mais Chaval la répudie.

Lantieressaie vaguement de conquérir Catherine. Catherine refuse, car elle veut êtrefidèle à Chaval. Elle retourne aussitôt vivre avec lui.

Lesouvriers décident d’attaquer l’armée qui surveille la mine. Les soldats semettent à tirer sur les grévistes. Maheu est parmi les tués.

 

SEPTIÈMEPARTIE

 

Devantce déchaînement de violence, les mineurs, impuissants, se résignent à retournerau travail. Ils se retournent contre Lantier, qu’ils considèrent comme leresponsable de la tuerie.

Lantieret Souvarine, anarchiste convaincu, se disputent. Lantier reste certain que lesocialisme est la solution aux problèmes ouvriers. Souvarine est pour laviolence et le nihilisme.

Souvarinesabote la mine, provoquant des inondations qui bloquent Chaval, Catherine etÉtienne dans le fond de la mine. Chaval, fidèle à son caractère arrogant etcolérique, provoque Étienne qui finit par le tuer dans un accès de colère.Catherine et Étienne peuvent alors enfin vivre un instant de bonheur partagé,de courte durée car Catherine succombe avant l’arrivée des secours. Des Maheu,il ne reste plus que la Maheude et Jeanlin, qui pardonnent à Lantier, etcroient toujours en une revanche à venir.

Leroman se termine par le départ d’Étienne, qui retourne vivre à Paris. Il estdésormais certain que les mineurs, forts de cette expérience, pourront un jourbriser leurs chaînes et vivre dans une société plus juste.

 

Germinal est un roman juste et précis dans sa peinture de lavie ouvrière. Sa conclusion très pessimiste, dans laquelle Zola semble postulerl’impossibilité absolue du progrès, et l’immobilisme inébranlable de lasociété, prend un autre sens si l’on considère que Zola a construit son projetdes Rougon-Macquart contre le Second Empire. Ainsi, il reste peut-être à la findu roman quelque chose qui ressemble à un espoir républicain. 

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