L'illusion comique

par

La contestation de la règle des trois unités

Cette superposition des plans conduit Corneilleà contourner la règle des trois unités en vigueur à l’époque : une mêmereprésentation devait tenir en une journée, dans un seul lieu, autour d’uneseule intrigue. Or, l’Illusion comiqueconteste ces trois unités. En effet, l’unité de l’intrigue n’est pas respectée,puisque Corneille double le motif du père recherchant son fils du motif de lapièce de Clindor, qui est une intrigue fallacieuse. L’unité de temps se voitaussi distendue, par le bond que font Clindor et Isabelle dans le temps, aprèsleur fuite. De même, ils arrivent dans un autre lieu à la fin de la pièce.

         Cetteunité de lieu est néanmoins complexe à considérer car l’on pourrait penserqu’un seul lieu en réalité est employé : la grotte d’Alcandre, qui faitoffice de théâtre. De même, l’unité de temps est paradoxalement respectée,puisque le temps de référence est bien celui de Pridamant et du spectateur, et suitle cours du temps de la représentation. Enfin, l’unité d’intrigue apparaîtaussi respectée dès lors qu’on considère que la pièce en elle-même porte surles retrouvailles du père et du fils – retrouvailles qui ne sont retardées quepar la narration des hauts faits de Clindor, qui s’avèrent être fictifs.

         Corneillejoue donc sur ces unités pour les contourner tout en les respectant et ce, grâceà la nature même de la représentation théâtrale. Il représente ainsi lapuissance du théâtre qui peut, par les illusions qu’il suscite, réconcilierdifférents espaces et temps dans une seule et même scène.

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