La bataille

par

Louis-François Lejeune

Le personnage central duroman a réellement existé. Patrick Rambaud en dit ceci : « généralet baron, prend sa retraite pour se consacrer à la peinture » ; « Ce n’était pas unofficier ordinaire. De ses garnisons, il avait rapporté une multitude decroquis et de tableaux très réussis. » Il est galant, vaguementamoureux de sa logeuse, et son meilleur ami est Henri Beyle, un artiste commelui. Mais le militaire doit prendre le pas sur l’artiste, et on le voitélégant, sanglé dans « sa ceinture de soie noir et or »,coiffé d’un dolman de fourrure. Il est courageux, galope sans cesse, portantdes ordres, en donnant lui-même, prenant sous sa protection le jeune voltigeurVincent Paradis, ne ménageant pas sa personne. Cette fonction de messagerpermanent fait de lui les yeux du lecteur. Sans lui, il serait impossibled’avoir une vision à la fois globale et parcellaire, donc détaillée, de cettehorrible aventure qu’est une bataille.

Courageux mais lucide, iln’est pas un militaire fanatique. Il fait son devoir mais garde en lui unesensibilité d’artiste qui lui confère un recul et un détachement qui préserventson âme. Après la bataille, il retrouve une vie d’homme ordinaire, sesentretiens amicaux avec Beyle, ses badinages amoureux – il a des vues surl’envahissante Valentina, ancienne amie de cœur de Beyle, et c’est vers la viequ’il se dirige : « Valentina amusa Louis-François, et ilsdécidèrent de se revoir. »

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